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| 4 FÉVRIER 1997 |

POÈTE D'URGENCE
par Marc CASSIVI
PUNK: RETOUR DE FLAMME
par Ramon VITESSE
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TADEBOLA / Mory Kantepar Marc CASSIVI HEARD MENTALITY / Resin Scraperpar Ramon VITESSE INDIANS / Happy Driverspar Ramon VITESSE THE SOUND OF REVOLUTION / Warzonepar Ramon VITESSE |
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VAURIEN 1 / Pop bras d'argilepar Valentin TARDI LE COFFRET / Soeur Marie-Thérèse Des Batignollespar Valentin TARDI |
LES ENTRETIENS DE L'ÉCOMUSÉE
par André C. PASSIOUR
"DES FILMS POLITIQUES? y S'EN TOURNE PAS ICITTE!" / Club vidéo au Département de sciences politiques
par Marc F. Bellemare
TUPE, BIBE, BOPPE, BING, LIPPE... / Une tache sur la lune ou la logique éclatée
par Nadyne BÉDARD
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CONCOURS DE JOURNALISME RADIOpar André C. PASSIOUR CAFÉ CAMPUS EN BLUESpar Ramon VITESSE LES B MOVIES SONT DE RETOURpar Curious GEORGE |


À 24 ans, Carle Coppens vient de recevoir à Paris le Prix de poésie la Vocation (11 000$), la plus grande récompense pouvant être attribuée à un jeune poète de la francophonie, pour son recueil Poèmes contre la montre. Étudiant à l'Université de Montréal, Coppens est le premier Québécois à mériter cette distinction, décernée annuellement depuis 1984, qui compte parmi ses plus célèbres lauréats - catégorie «roman» - le prix Goncourt Didier Cauwelaert, le prix Femina Emmanuel Carrere et Amélie Nothomb...
Carle Coppens a la poésie dans le sang. C'est de famille. Son père, Patrick Coppens, a publié une dizaine de recueils de poésie chez différents éditeurs québécois. «C'est un peu normal pour moi d'écrire de la poésie, avoue l'étudiant au doctorat en psychologie industrielle. Il y avait vraiment des livres partout chez moi. La poésie faisait partie du quotidien. Je voyais mon père écrire des livres entre la lessive et les courses. Il n'y a rien de sacré dans l'écriture des livres. Écrire, c'est une activité quotidienne.»
En décembre, le jeune poète québécois recevait devant 800 invités, au célèbre théâtre Marinier de Paris, le Prix de poésie la Vocation 1996, doté d'une bourse de 40 000 francs (environ 11 000$) octroyée par la Fondation Marcel-Bleustein-Blanchet et destiné à encourager le talent d'un jeune poète francophone de moins de 30 ans. Coppens l'avait emporté en juin dernier, à l'unanimité du jury, sur 500 concurrents ayant soumis des manuscrits.
C'est conjointement, chez l'éditeur français Obsidiane et aux Éditions du Noroît - où son père a d'abord publié - que Coppens a fait paraître son recueil, le premier, Poèmes contre la montre. Un livre d'une certaine urgence, notait récemment David Cantin, du Devoir, «qui porte sur l'inquiétude existentielle et amoureuse» et qui «à travers toute la richesse de ses excès, (...) laisse entendre une voix des plus prometteuses».
«Poèmes contre la montre, explique l'auteur à propos du titre de son recueil, c'est surtout cette idée de performance, d'efficacité, de ce qui nous entoure. Les poèmes ont été structurés de façon presque naturelle, en succession, afin qu'ils soient reliés dans le temps à l'intérieur du recueil.»

Des reproductions d'oeuvres du peintre catalan Jésus Carles de Vilalonga ainsi que certains montages graphiques ingénieux accompagnent les soixante poèmes de Coppens - comme les soixante secondes d'une minute -, qui privilégie souvent une trame narrative. Le poète a d'ailleurs réinvesti une partie du montant du prix remporté à Paris (plus de 1000$) afin de s'assurer que l'édition québécoise de son recueil présente un graphisme dynamique et coloré. «L'objectif, c'était de faire un livre de poésie plus attrayant, moins drab, qui pourrait intéresser d'autres lecteurs que les poètes ou les lecteurs habituels de poésie, même en sachant que ce public n'est pas très vaste.»
Poèmes contre la montre a été écrit sur une période de deux ans, alors que Coppens, âgé de 20 à 22 ans, étudiait à l'Université de Montréal. Une rédaction «à la course», malgré la longueur du processus. «C'est un livre qui a été écrit dans tous les moments où je n'aurais pas dû l'écrire, c'est-à-dire pendant les cours, pendant des périodes de retards, etc., confie l'auteur, qui travaille présentement comme rédacteur publicitaire. C'est pour ça qu'il s'appelle Poèmes contre la montre. Vraiment, c'est un temps volé. Un temps qui ne t'appartient pas et que tu te réappropries. C'est pour ça qu'il y a une espèce d'urgence dans ce livre-là.»
La Vocation?

L'an dernier, en échange à Aix-en-Provence, où il poursuit ses études doctorales en psycho industrielle, Carle Coppens prend connaissance du concours la Vocation en feuilletant un guide littéraire. «Comme mon manuscrit était relativement prêt, je l'ai envoyé sans attendre quoi que ce soit, surtout que je m'étais inscrit en retard. En juin, on m'a convoqué sur les Champs-Élysés, à deux pas de l'Arc de Triomphe, en me disant que je faisais partie des finalistes.» Lorsqu'il est choisi, le Québécois est sidéré. «J'étais vraiment étonné. C'était inespéré, surtout pour un premier livre. Faire un premier livre dans ces conditions-là, je ne vois vraiment pas comment ça pourrait être mieux!»
Mais au fait, doit-on avoir «la vocation» pour être lauréat du Prix de la Vocation? C'est drôle, parce que je n'ai pas du tout l'impression d'avoir «la vocation». Je ne me considère pas vraiment comme un poète. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai une vision un peu romantique du poète, mais pour moi c'est quelqu'un qui travaille à partir de l'inspiration. Moi, j'ai plutôt l'impression d'être un bricoleur, un artisan, quelqu'un qui travaille toujours en parallèle, à d'autre chose.»
Et que compte faire l'heureux élu de ce qui lui reste de cette bourse de 11 000$? «J'ai déjà remboursé toutes mes dettes d'études...»
Extraits:
«L'amour était passé tout près
On avait pu le sentir
toi et moi
rassemblés au salon
d'où on obtenait
d'habitude
la meilleure réception»
«à peine ouvert l'oeil montre de
l'appétit
J'attaque le jour par la tranche
Un oiseau débutant
cherche où poser son ombre Fatigué, l'homme abandonne sa
souffrance
se demande quelle épreuve
départagera le mort des
finalistes»
Poèmes contre la montre
Carle Coppens,
Éditions du Noroît/Obsidiane, Montréal/Paris, 1996, 100 pages.

Vingt ans après ses premiers balbutiements volcaniques le punk revient en force. Voici un survol de ce regain d'énergie.

Frank Zappa se serait auto-proclamé Flower-punk... L'esprit de groupes tels: Velvet Underground, MC5 et New-York Dolls préfiguraient l'explosion 1976-1977 avec les Damned et les Sex-Pistols à l'avant-garde. Loin d'être un mouvement ou de présenter une quelconque homogénéité le punk se reconnaissait à une énergie pleine d'urgence ainsi qu'à un désir jamais refréné de provoquer les conventions et l'ordre établi. Les Slits, Adverts et autres Ramones ont été de ce courant initial à haute tension. À une époque où les Who faisaient de l'opéra et que Pink Floyd flottait sur un nuage de lait nommé progressif, les punks se réappropriaient les racines populaires d'un rock teigneux expédié à un train d'enfer!
L'industrie du disque et de la mode ont eu tôt fait de récupérer la première vague; si rebelle soit-elle... En fait, le grand public connaît peu le punk sinon son côté nihiliste et les Sex-Pistols. À partir du début des années 80, le punk s'est cherché une radicalité nouvelle. Des groupes tels GBH et Black Flag imcarnent cette nouvelle vague. C'est l'avènement du hardcore qui, le plus souvent, sera confiné aux étiquettes indépendantes et marginales. Le hardcore se caractérise par une musique brutale proche du rush d'adrénaline. Le courant straight edge, qui bannit l'usage des drogues, défonce encore plus... Minor Threat Oï Polloï et Warzone en sont! Dans un autre registre, Billy Bragg, également issu de la scène punk, a privilégié une approche folk-punk urbaine.
Le regain de popularité du punk, dont le grunge s'est inspiré, est souvent associé, sinon confondu, au punk pop mélodieux. Green Days, signé par une méga étiquette, démontre bien que l'industrie du disque est là pour faire des millions avec le phénomène... En contrepartie, il existe une pléiade d'étiquettes telles BYO des frères Stern (du groupe Youth Brigade), Hopeless avec un groupe comme 88 Fingers Louie ou Fat Wreck Chords avec des groupes comme Hi-Standards (des japonais!), No Use For A Name et Good Riddance (dont le dernier A comprehensive guide to modern rebellion dit bien ce qu'il veut dire...). On retrouve aussi Liberation avec le band Home Grown (lignée ska punk) et Grita avec The pleasures fuckers (veine garage punk, de Madrid!) qui trouvent leur public, même s'il est plus restreint.
The finest punk since 1982 c'est la prétention de Epitaph, l'étiquette punk de l'heure. Évidemment, ce sont des Californiens. Pennywise, Offspring et NOFX sont les punk «mélodieux» les plus connus. Epitaph, en spécialiste, en a pour tous les goûts: Down By Law (punk mélo-core), Ten Foot Pole (hardcore punk), Humpers (punk rock revival), Total Chaos (anarcho-punkcore), Gas Huffer (psycho-rock-core), Voodoo Glow Skulls (Skacore) et, bien sûr, Rancid qui a le vent dans les voiles avec une approche «revivaliste» inventive. La compilation PunkORama offre une vitrine intéressante des groupes de cette fringante écurie!
Côté anglophone, la scène montréalaise n'est pas en reste. Si Capitalist Alienation est disparu depuis belle lurette, il reste encore les infatigables Rip'cordz qui est le trio punkcore de Paul Gott connu d'un océan à l'autre! Leur tout nouvel album, le septième, Your mother wear combat boots and she looks so cool, est incontournable. Self Control, de Chambly, a déjà trois démos indépendants offrant une fougue peu commune que les Exploited ne renieraient certes pas! Les Vagabonds, avec un premier disque béton et des spectacles survoltés, jouent jusqu'à Toronto... C'est à entendre! Combien d'autres encore? cinquante, cent?
Côté francophone, la France profite de l'ouverture actuelle pour rééditer ses classiques: la rétrospective live du cirque punk des Béruriers Noirs, intitulée Carnaval des agités, est tonitruante, tandis que l'intégrale de Parrabelum et celle de Anarchives, d'O.T.H, sont typiques d'un punk-rock qui martèle sec. Les Shériffs sont encore en selle, plus vivants que jamais, avec le disque Allègro Turbo et leur nouvelle étiquette A donf (à fond, en verlan!). L'étiquette Boucherie production pète de santé en se donnant quatre subdivisions, dont deux sont plus liées au punk: Abattrash et Boucherie. Parmi les groupes, nommons Les Garçons Bouchers, Hoax et Missing Links. D'autres étiquettes indépendantes font également leur marque. Crash Disques avec des classiques tels Raymondes et les Blanc-Becs ou les Gnomes, mais aussi avec des fusions rap telle la super compilation Tchatche Attack. Combat Rock, spécialisé dans le punk style 80 et le vinyle, vient d'ailleurs de fêter sa vingtième production avec une compilation CD.
Chez les québécois, il y a au moins deux incontournables de la scène: Amnésie, qui débutait il y a quinze ans, et qui lance le magistral et révolté Grabuge et le groupe Banlieue Rouge, très apprécié ici et en France. Ces derniers sont tous deux sur étiquette Cargo/Tir Groupé, de même que le nouvel album des Secrétaires Volantes, de Québec. Ceux-ci se sont fait remarquer avec le punk-garage '60 speedé WD-40 avec un troisième démo, Né pour être sauvage, amalgame punk et country.
Dans un genre plus marginal et très politisé, le groupe punk-oï Impact s'impose avec Légendes Urbaines (DDS, Autriche). Les Bons à rien, qui travaillent actuellement un nouvel album, sont aptes à déboucher les consciences avec des textes venimeux. Un jeune groupe disparu de Trois-Rivières, Anomalies, qui faisait du punkcore aux textes magiques a signé un démo mémorable qui décrit bien l'essence punk: Esquisses d'une jeunesse révoltée! On peut conseiller la compilation punk québécoise Sauvages Québecois (Macadam). Cette compilation, live, offre un bon tour d'horizon!
Si pour beaucoup le punk est une brève révolte adolescente, il faut entendre les groupes montréalais Rythm Activism et Gouvernement ZEL pour comprendre que c'est d'abord une musique de combat... Paré pour le trash?
Démos et autoproductions, voir à L'Oblique.


Mory Kanté est sans contredit un artiste chevronné. À 46 ans, le Ghanéen a déjà plus de 25 ans de carrière derrière lui, des millions d'albums vendus partout dans le monde et quelques prix Victoire français. À Bamako, dans les années 70, le chanteur et guitariste était du légendaire Rail Band en compagnie de Salif Keita. Mais c'est le hit Yéké Yéké, en 1987, qui séduit la planète et consacre Kanté. Depuis, les albums de ce pionnier du genre world beat ont connu moins de succès. Tatebola, dix ans après Yéké Yéké, semble marquer un tournant dans la carrière de Mory Kanté, qui entre définitivement dans l'ère numérique. Mais avec les chants traditionnels sur fond de beats électroniques soutenus de son quartozième album, a-t-il vraiment pris la bonne voie?
Ce quintette d'Ottawa carbure avec on ne sait trop quoi, mais chose certaine ça déménage autant qu'une tornade rocn'n'core mariée envers et contre tous avec un blues aussi teigneux que punk! Pas encore convaincu? Le gang d'Ontariens a signé un contrat avec l'étiquette montréalaise indépendante Mag Wheel et l'album comporte quinze titres enflammés dont cinq reprises. Celle de Roadhouse des Flamin'Groovies fait péter les plombs!
Ces rebelles rockabilly-trash de l'hexagone sont actifs depuis le milieu des années 80 avec six disques et des tournées aux États-Unis et en Australie! Le trio guitare (même du banjo!) - contrebasse - batterie nous en fait voir de toutes les couleurs... Le disque double Indians réuni deux albums du début: We'll be goin'on (autoproduit, 1987) et Indians on the road (Gnougnaf, 1988), l'introuvable live pressé à 3 000 exemplaires à l'époque... Une pièce inédite en prime: Chez Maria. La happymania va déferler! Boucherie P, 15 bis rue du Plateau 75019 Paris France.
Raybeez, le chanteur, est l'unique porte-flambeau de la formation originale de hardcore new-yorkaise dédié à la révolution. S'il existe de l'authentique hardcore mélodique, Warzone en est un fabuleux! Authentique jusqu'à la moelle, ce groupe straigth edge (promouvant la non consommation d'alcool et de drogues) s'explique sur le sujet, Free at last, proclame avec vigueur la famille humaine, United Worlwide, et invite... au combat, Warzone.!!!

![]() | Cet album de la collection Terres de Légendes amalgame avec beaucoup de bonheur l'époque du Moyen Âge et l'imaginaire propre à l'heroïc fantasy. Cagniat dessine un réalisme éclatant de vie. Le fait que l'idée «originale» du scénario soit également du dessinateur explique une BD qui irradie en frisant les extrêmes du romantisme et de la violence. Ce premier épisode a beaucoup à offrir: il s'étend sur une dizaine d'années et narre, par monts et par vaux, la quête d'un jeune lanceur de couteaux pour une mignonne... |
| En 1982, Maëster, influencé par l'esprit des Rubrique à Brac de Gotlib, débutait avec son personnage de religieuse, monument d'outrecuidance et de libertinage... La sœur, qui pèse autant qu'une bonne laitière, est chaussée d'une paire de Ranger et est dotée d'une morale aussi élastique que peut être, à l'opposé, son caractère frisant la violence pure et dure... Moult détails débridés donnent une «plus value» à chaque case. C'est vous dire que ces quatre albums forts égaux, désormais réunis en coffret, sont une référence humoristique. | ![]() |

Écomusée du Fier monde, créé en 1980, se cherchait un toit fixe jusqu'à son installation définitive et récente dans un ancien bain public, le Bain Généreux, un édifice de style art déco, datant de 1927. Inauguré le 30 septembre dernier, l'Écomusée est, comme son nom l'indique, un musée qui répond à un concept muséal propagé dans les années 70 et favorisant l'histoire d'une population locale. Un écomusée est donc rattaché géographiquement à une ville ou un secteur d'une ville pour en présenter, d'un point de vue historique, sa population, son économie, sa culture, etc.
Situé dans un quartier Centre-Sud en constante évolution, l'Écomusée entreprendra, le 5 février, la première d'une série de trois conférences destinées à approfondir un certain aspect de l'histoire industrielle et ouvrière montréalaise.
Intitulée Organisation sociale et défense des travailleurs, la conférence du 5 février aura pour thèmes l'emploi, le travail et les relations de travail. Tout cela avec un conférencier de marque: M. Michel Chartrand, ex-président du Conseil central de la CSN et ardent, pour ne pas dire coloré, défenseur des droits des travailleurs et des démunis.
Mme Denyse Baillargeon, professeure d'histoire à l'UdeM, consacrera la soirée du 5 mars, à trois jours de la Journée internationale des femmes, à la Vie quotidienne des femmes au temps de la crise. Basée sur la thèse de doctorat de Mme Baillargeon, cette rencontre célébrera le courage, la force et la détermination de ces femmes ayant à surmonter les épreuves de la grande crise économique de 1929 à Montréal.
Finalement, le 2 avril, Mme Joanne Burgess, professeure d'histoire à l'UQAM, intéressera sûrement le public avec son allocution Présence industrielle dans le Centre-Sud: de l'entreprise familiale à la multinationale. Rattachée à l'exposition Paysages urbains en mutation qui est présentée à l'Écomusée depuis cet automne, cette conférence trace un portrait de l'évolution de 21 sites industriels dans ce quartier de la métropole.
Les conférences sont présentées les mercredis soirs à partir de 19h.
l'Écomusée du Fier Monde
est situé au 2050, rue Amherst (coin Ontario).
Renseignements:
528-8444.


Fondé en octobre, le club ne se destinait alors qu'aux étudiants du Département de sciences politiques. Mais c'est l'ouverture aux autres étudiants de l'UdeM que tenait à souligner ledit lancement. Pour l'occasion, le cinéaste Pierre Falardeau a été invité à donner une conférence qui a été suivie d'une brève période de questions.
Une centaine de personnes se sont ainsi déplacées pour venir assister à l'inauguration du club. Parmi celles-ci, on comptait entre autres Édouard Cloutier, directeur du Département de sciences politiques, et Marcel Lajeunesse, vice-doyen à la planification à la Faculté des arts et des sciences.
On peut toutefois se demander ce qui a poussé les gens du club vidéo à ainsi ouvrir leurs portes aux étudiants hors-département. «Nous sentions que le club connaissait un démarrage un peu lent», reconnaît Renée Leclerc, documentaliste au Département de sciences politiques, «c'est ce qui nous a poussé à ouvrir nos portes à un plus grand nombre d'étudiants. Nous comptons depuis ce moment une cinquantaine de nouveaux adhérents, ce qui nous mène à un total de 76 membres. Bien sûr, notre première carte de membre hors-département a été émise au nom de Pierre Falardeau.»
Les profits ainsi réalisés seront réinvestis dans l'achat de films nouveaux. «C'est Frédéric Bertrand, un étudiant au baccalauréat, qui se charge de l'approvisionnement en films», note Mme Leclerc. «Le comité en charge du projet comprend aussi Michel Duquette, qui en est le président et qui est professeur au département, Stéphane Roussel, candidat au doctorat et moi-même.»
Soulignons en terminant qu'il en coûte 10$ pour devenir membre du club de vidéos politiques, ce qui donne droit à dix locations. Même s'il ne se fait pas de films politiques au Québec, le moins que l'on puisse dire, c'est que les gens en visionnent...


Non, ces mots bizarres ne sont pas des bruits incongrus qu'on entend sous la pluie la nuit. Tuppe et Bibe sont mari et femme et ce sont les personnages principaux de la pièce Une tache sur la lune, jouée admirablement par Françoise Faucher et Luc Durand (l'ex-Gobelet dans Sol et Gobelet). À eux s'ajoutent deux autres personnages, le veilleur et Monsieur Lippe, qui sont joués par le même comédien tout aussi talentueux, Frédéric Desager. On y parle aussi de Boppe, le fils astronaute parti sur la lune, mais qui n'en est jamais revenu. Enfin, il y a les mystérieux bings qui «pépillent» et dont on ne saura pas ce qu'ils ont l'air! Nous découvrons ces personnages avec Marie-Line Laplante, une nouvelle auteure québécoise, qui a déjà à son actif plusieurs pièces de théâtre dont Le couteau et la bouche et Une tache sur la lune, cette dernière ayant remporté le prix Prime à la création 1994 du Fond Gratien Gélinas. C'est Martine Beaulne, qui nous a déjà donné La Locandiera et Albertine en cinq temps qui en a assuré la mise en scène. Et quelle mise en scène!
Marie-Line Laplante a l'imagination débridée, mais se défend bien: elle n'a pas écrit une pièce absurde. Bien qu'on sente, tout de suite, l'influence de Beckett et de Ionesco, on est aussi frappé par une certaine logique qu'elle a imposée à ses dialogues et aux interactions entre ses personnages. Elle y ajoute aussi un équilibre, des contraintes formelles et des règles d'écriture (par exemple aucune didascalie et un français international), ce qui n'empêche pas ses pièces, comédies ou tragédies, d'être lyriques et ensorceleuses. Ainsi, pour Une tache sur la lune, Marie-Line Laplante a imaginé d'abord une table et deux chaises, puis un dialogue. Tuppe et Bibe s'opposent par leurs idées et leurs actions, mais restent unis depuis toujours. Boppe, leur fils, sert de point d'encrage, de lutte entre eux. De toute façon, pour Marie-Line Laplante, le théâtre ne peut exister sans rivalité.
Quand la pièce débute, c'est le veilleur qui arrive par une trappe sous la table, utile et amusante tout au long de la pièce. Il nous explique que c'est lui qui a inventé la table mais, ensuite, il se questionne, n'en est plus sûr et disparaît. Puis, Tuppe et Bibe arrivent dans le noir le plus complet. Seule une ampoule dont la lumière «soufflotte» au-dessus de la table les accompagne, puis une cafetière. Ils passent leur temps à discuter et à se disputer. Toujours dans une noirceur étouffante, dans un no man's land inquiétant. Seuls leurs visages, leurs petits cheveux éméchés et leurs vêtements fluos sont éclairés. On a l'impression qu'ils sont les seuls survivants de la planète.
Mais attention! C'est l'humour qui prend le dessus. Les répliques se succèdent, évoquent des lieux communs, sur un ton qui dénote un certain savoir. On se chamaille sans trop s'écouter et le spectateur ne peut s'empêcher de rire. Bibe a fabriqué une machine complexe (!) qui lui permet d'avoir accès à son courrier sans se lever de table. Il lit son journal et réprimande sa femme. Tuppe se plaint, rappelle inlassablement les conseils de sa mère et a peur que la lumière s'éteigne. Ils attendent une lettre de leur fils qui n'arrive pas. Pourtant une autre lettre vient, qu'ils n'ouvrent pas, puis un fonctionnaire arrive, Monsieur Lippe, pour leur annoncer une mauvaise nouvelle... À la fin, le veilleur revient, toujours aussi peu sûr de lui. Je ne vous dirai pas tout, mais surveillez bien la fin... et la trappe! La pièce est trop courte (elle dure une heure et quelques minutes!), mais on s'est bien amusé avec ces deux vieux fêlés, l'air hébété, à qui nous ressembleront peut-être un jour.
Marie-Line Laplante semble être une révélation. Elle dit espérer «ouvrir de nouveaux chemins». En tout cas, elle laisse sa griffe, un style particulier, qui offre «du sens à petite dose». À la différence des pièces de Beckett et de Ionesco, j'ai l'impression d'avoir mieux compris l'essentiel cette fois-ci, avec «Une tache sur la lune». C'est peut-être parce que Marie-Line Laplante a réussi, comme elle le dit elle-même, «à réallumer la lumière que Beckett a éteinte, à regonfler l'espace, à faire réapparaître les choses. Que la scène redevienne possible, qu'on rejoue...» C'est peut-être aussi ce qui fait dire à Tuppe: «Surveille toujours la lumière, ma Tuppe, parce que la lumière, ça a été donné comme ça sans raison, alors ça va partir sans raison». "a donne à réfléchir...
Une tache sur la lune, une comédie de Marie-Line Laplante, mise en scène par Martine Beaulne. Du 27 janvier au 1er mars, Théâtre de Quat'Sous Réservations: 845-7277.

Pour une 16e saison consécutive, la Société Radio-Canada, en collaboration avec la Communauté des radios publiques de langue française (CRPLF), lance son concours de journalisme radio pour les jeunes âgés de 20 à 27 ans et ayant le goût de l'aventure. Le candidat choisi se méritera la Bourse René-Payot, du nom d'un journaliste suisse, une somme de 11 000$ pour faire un stage de formation professionnelle en Europe.
En plus de la SRC, la CRPLF compte dans ses rangs la Radio Suisse romande, la Radio-Télévision belge de la Communauté française et Radio-France. Il faudra remettre plusieurs documents dont un texte (d'un minimum de trois pages) expliquant le pourquoi de votre participation, l'enregistrement d'un reportage d'une durée maximale de 10 min. et, finalement, le plan d'une émission radiophonique ou d'un reportage (durée de 15 à 30 min.) que le candidat devra réaliser et défendre devant un jury. La SRC choisira, parmi tous les candidats canadiens, deux représentants de la Société qui soutiendront leur réalisation devant le jury international qui se réunira le 17 avril 1997.
Il faut donc envoyer votre dossier avant le 6 mars 1997. Pour info: M. André Béliveau, coordonnateur du concours à la SRC, tél.: (514) 597-5759 ou 597-5762, téléc.: (514) 597-5659. Alors, si les voyages et la radio vous passionnent, n'hésitez pas!
De la Louisiane, du blues cajun avec Nathan Zydeco & The Cha Chas. Mathieu Kouture du Campus l'a promis: «On va tasser les tables pour danser!»
Mercredi 5 février. Exceptionnel et dans la tradition acoustique du blues américain, les Parisiens du Herzhast Blues, une affaire de famille, seront là mercredi le 12 février. Gérard Herzhast donnera une conférence audiovisuelle de 18h à 20h, soit avant le show. La série Blues se poursuit jusqu'au 9 avril et c'est seulement 3$ l'entrée.
Attack of the Killer B Movies présentera plusieurs films-culte de série B et 3 dimensions. Du 6 au 16 février au cinéma Rialto 5723, avenue du Parc. Infos: 272-3899.


