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Un combat contre
le nationalisme québécois
Annick Bergeron
«Ceux qui veulent des statuts particuliers pour le Québec ne recherchent pas vraiment l’égalité de tous les citoyens au sein du Canada.»
(Pierre Elliot Trudeau)
À Montréal, le 22 janvier dernier, les amis et l’équipe de Cité Libre se sont réunis au Monument National pour le lancement du premier numéro de la revue, version anglaise. Ils ont pu entendre quatre conférenciers discourir sur la politique canadienne et l’idéologie de la revue.
Fondée en pleine période duplessiste par quelques jeunes intellectuels dont Pierre Elliot Trudeau, Cité Libre est né pour briser «un certain silence» et pour contrer l’emprise du clergé sur la société québécoise. La revue a eu une existence pour le moins tumultueuse. Elle cessa même de paraître de 1971 à 1991, année où Anne-Marie Bourdouxhe, la fille de Gérad Pelletier, reprit le flambeau. Elle démissionna toutefois en 1995. Mille neuf cent quatre vingt dix-huit, la revue innove, paraissant simultanément en français et en anglais. Monique et Max Nemni prennent la relève.

Étant une revue de débat, Monique Nemni, a appelé les inconnus, autant que les auteurs de renom, à collaborer, les enjoignant à joindre l’équipe de la revue pour contrer le courant néfaste des sécessionistes qui maintiennent une idéologie destructrice pour le Canada. «Democracy does not take care of itself» a-t-elle affirmé, ajoutant: «Maybe together we’ll make a difference».

Max Nemni, professeur titulaire au département de science politique de l’Université Laval a voulu donner le ton. Il a cité Pierre Elliott Trudeau, soutenant que les groupes culturels ne sont pas dangereux en soi, mais qu’il est dangereux de faire coïncider culture et territoire.

L’idéologie en arrière
de la publication

Cité libre a toujours lutté pour l’unité canadienne et contre le nationalisme québécois. La revue se définit d’ailleurs comme étant «la voix québécoise pour le libéralisme et l’unité canadienne». L’autonomie et la liberté de la personne sont les valeurs principales véhiculées par Cité Libre.

© Julie Lanctôt C’est suivant le principe de la primauté de la personne, que Cité libre s’est toujours opposée et s’oppose toujours à ceux qui veulent accorder un statut particulier aux Québécois. Ce ne serait que de vaines tentatives pour «enfermer les Québécois dans un particularisme étroit».

«J’aime ce pays», s’est exclamé Roch Carrier, professeur et auteur bien connu, pour ouvrir la cérémonie. Il a évoqué les véritables problèmes de société et a soutenu que les membres du gouvernement tournaient en rond avec leurs discussions sur l’indépendance: «La propagande, le culte de la personnalité et les décisions d’affaires prises pour des raisons nationalistes ne servent pas le Canada». Il a soutenu que les intellectuels ont été silencieux depuis de nombreuses années et qu’il est essentiel de sortir de ce silence pour régler nos problèmes à venir.

Les objectifs recherchés
Deux objectifs justifient le fait que la revue soit publiée simultanée en anglais et en français —notons que les articles seront écrits initialement en anglais ou en français, pour être traduit par la suite. Premièrement, les directeurs veulent créer de nouveaux liens entre le Québec et les autres provinces. Deuxièmement, ils tentent de rejoindre les Canadiens anglais afin de trouver de nouveaux alliés pour défendre des idéologies auxquelles n’adhèrent pas un très grand nombre de Québécois francophones. Paraîtrait-il que lesdites idéologies nient leur identité distincte...

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