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| Hygiène de vie Protections fatales? ![]() Mikaelle MONFORT 28.08.02 Une femme normalement menstruée utilise environ 15 000 tampons ou serviettes hygiéniques jetables durant sa vie. Plusieurs groupes féministes accusent ces protections périodiques industrielles de mille maux et proposent des alternatives «plus saines, plus économiques et plus écologiques». Incursion en zone rouge. «Une soudaine poussée de ½èvre, le vomissement, la diarrhée, l’évanouissement ou le vertige, les étourdissements ou une éruption qui fait penser à un coup de soleil».Tels sont les premiers symptômes du syndrome de choc toxique (SCT), une affection rare mais éventuellement mortelle associée à l’utilisation des tampons hygiéniques. Pour certains groupes de femmes, particulièrement actifs en Amérique du Nord, les problèmes sanitaires liés à l’utilisation des protections périodiques industrielles ne se limitent pas au SCT. À Montréal, par exemple, le réseau Zone Rouge/Blood Sisters estime que les industriels de l’hygiène féminine utilisent des procédés de blanchiment au chlore qui laissent des traces de dioxine potentiellement cancérigène dans les tampons et les serviettes. Pour Zone Rouge, les produits sanitaires jetables sont associés à une augmentation du risque de cancer du col de l’utérus, de l’endométriose, d’un affaiblissement du système immunitaire ou d’infections vaginales chroniques. Les accusations des groupes comme Zone Rouge ont incité les géants mondiaux de l’hygiène féminine (essentiellement Procter&Gamble et Johnson and Johnson) à insérer des informations rassurantes dans les pages de leurs sites Internet destinées aux consommatrices. La Food and Drug Administration (FDA) – l’équivalente américaine de Santé Canada – a également consacré plusieurs pages de son site Internet aux tampons. Elle y rappelle que si le SCT a clairement été associé à l’utilisation de tampons, il peut également frapper des enfants, des hommes ou des femmes non menstruées. Elle insiste sur le fait que le SCT est une affection très rare qui n’a causé que cinq décès aux USA en 1997. Elle rappelle, en outre, que le pic de SCT observé en 1980 (814 cas dont 38 mortels) était probablement lié à l’introduction d’une marque nouvelle de tampons (RELY) qui a depuis été retirée du marché. Pour le Dr Louise Lapensée, gynécologue et obstétricienne au Centre Hospitalier de l’Université de Montréal, le SCT est une affection extrêmement rare – elle n’a observé aucun cas en 13 années de pratique – qui ne discrédite absolument pas les tampons. Au sujet des traces de dioxine, la FDA admet que «l’on peut éventuellement en déceler dans les protections périodiques mais dans des proportions à peine détectables et certainement pas toxiques». Concernant l’augmentation de cancers liés à l’utilisation de protections périodiques, le Dr Lapensée affirme que «rien dans la littérature scientifique n’étaye cette accusation». On comprend cependant des propos du Dr Lapensée qu’aucune étude n’a démontré de lien entre le cancer du col de l’utérus et l’utilisation des tampons parce qu’aucune étude n’a jamais été engagée pour tester ce lien! Pourtant, en l’absence d’étude scientifique sérieuse, il lui semble «très prématuré de vouloir alerter les femmes sur la dangerosité éventuelle des protections périodiques jetables». «Tampon Safety and Research Act» Les médecins gynécologues, la FDA et les industriels de l’hygiène féminine ne semblent pas accorder beaucoup de crédit aux arguments des femmes de Zone Rouge/Blood Sisters. En revanche, Carolyn Maloney, représentante démocrate au Congrès américain a présenté un projet de loi devant le Congrès américain visant à «engager une recherche pour déterminer de façon indépendante dans quelle mesure les ½bres synthétiques et les additifs compris dans les tampons et produits équivalents utilisés par les femmes posent des problèmes de cancers, d’endométriose, de stérilité, de déficience immunitaire ou d’inflammation vaginale». Dans son Tampon Safety and Research Act» présenté au Congrès en 1997 et 1999, Carolyn Maloney avance que la FDA,qui se fie aux données fournies par l’industrie, n’a pas suffisamment examiné les dangers éventuellement liés à l’usage des tampons. Elle affirme que son objectif est de fournir aux femmes l’information précise et indépendante dont elles ont besoin pour prendre les décisions éclairées les concernant. Mais, pour l’heure, il ne semble pas que cette information soit encore disponible. En attendant, les femmes de Zone Rouge qui ont des convictions –à défaut de pouvoir avancer des certitudes scientifiques– proposent aux femmes d’adopter des méthodes alternatives qu’elles estiment plus saines, plus économiques et plus écologiques. Coton et éponge végétale Parmi ces méthodes, on trouve les serviettes en tissu de coton réutilisables, les tampons en éponge végétale naturelle ou encore le «keeper» sorte de petit réceptacle interne en caoutchouc naturel. Ce sont essentiellement les arguments économiques et écologiques qui ont décidé Élise et Marie, deux jeunes femmes montréalaises, à abandonner les protections jetables pour adopter une combinaison keeper/serviettes en coton réutilisables. Le keeper coûte 45$ et a une durée de vie moyenne de 10 années. Les serviettes en coton réutilisables coûtent environ 7$ l’unité, mais on peut aussi les confectionner soi-même. En moyenne, l’investissement initial pour s’équiper se trouve amorti en moins d’une année. Le meilleur engrais naturel! Mais au-delà de l’aspect économique, les deux jeunes femmes semblent surtout très satisfaites de leur action écologique. De manière individuelle, elles contribuent indéniablement à diminuer les volumes de déchets non recyclables et non biodégradables. De plus, elles affirment ne pas ressentir l’entretien de leurs serviettes réutilisables comme une contrainte pesante mais au contraire comme un moyen de se procurer un excellent engrais pour leurs plantations ! Au plan ergonomique, leur appréciation diverge toutefois un peu. Certes, elles affirment que le keeper et les serviettes réutilisables sont aussi confortables que totalement inodores. Toutefois, pour Elise, la pose et le retrait du keeper demeurent toujours délicats et désagréables au bout de huit mois d’utilisation. Mais, toutes les deux af½rment qu’elles ne reviendront pas aux protections industrielles conventionnelles. La raison en est simple: grâce aux protections périodiques alternatives, elles disent avoir éprouvé le sentiment de se réapproprier leur corps et de se réconcilier avec lui. Cette sensation ressentie alors qu’elles ne l’avaient absolument pas prévue les a convaincues de la pertinence de leur choix. Zone Rouge/Blood Sisters: |
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