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| Chronique : Les Raëliens à l'Université de Montréal Couler son cours de clonage 101 Mikaëlle MONFORT 26.03.03
En décembre dernier, à un moment où l’actualité était moins frénétique que ces jours-ci, les Raëliens et leur disciple Brigitte Boisselier ont défrayé la chronique mondiale en annonçant la naissance d’un bébé cloné. Depuis lors, aucune preuve de l’existence de ce bébé n’a été apportée. Toutefois, le 18 mars dernier, les Raëliens sont venus donner une conférence sur les bienfaits du clonage humain dans l’amphithéâtre B-0245 de l’Université de Montréal. Cette dernière conférence n’aura même pas eu l’heur de défrayer la chronique locale tant il est vrai que tous les regards étaient tournés à ce moment-là vers nos voisins du Sud et l’Irak . Ainsi, bien que des disciples raëliens se soient donné la peine de distribuer 7 500 tracts sur le campus de l’UdeM, c’est à peine une petite vingtaine d’étudiants qui se sont déplacés pour assister à la conférence. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils en auront été pour leurs frais (5$ l’entrée, tout de même!) Les deux conférenciers, Dominic Lebœuf et Gabriel Bluteau, ont, de manière liminaire à leur propos, annoncé qu’ils n’étaient pas scientifiques. Impossible donc pour les étudiants en biochimie ou en bio-informatique qui étaient présents d’aborder avec les Raëliens «la technologie du clonage humain». Le terrain scientifique était d’emblée fermé, mais force fut de constater que la pauvreté conceptuelle des conférenciers rendait tout autre terrain également impraticable… Pensez simplement que Dominic Lebœuf s’est longuement complu à comparer l’avènement du clonage humain à l’apparition de la télévision dans les foyers… On s’interroge sur le bien fondé de laisser des sectes s’emparer de locaux universitaires pour s’y livrer au prosélytisme et, plus grave encore, on s’insurge de les voir tenter de s’arroger une légitimité universitaire à bon compte. De toute évidence, l’alma mater fascine les raëliens qui vantent dans leurs tracts leur «stage de méditation sensuelle» comme «l’Université de la conscience et de l’éveil». Interrogé sur l’opportunité de laisser les Raëliens s’exprimer au sein des locaux de l’UdeM, Bernard Motulsky, le directeur général de la communication de l’UdeM, a reconnu que l’administration s’était posé la question. Apparemment, c’est le service juridique de l’UdeM qui a apporté la réponse. L’UdeM ne pourrait légalement se prévaloir de motifs idéologiques pour refuser de louer une salle. Pourtant, à 116 $ la location de l’amphithéâtre, le profit spirituel et financier réalisé par l’UdeM avec les Raëliens doit être bien mince. Il ne s’agit plus de vendre son âme mais de l’offrir en spécial ! Bernard Motulsky affirme que l’UdeM va «regarder sa politique de location de salles» en ayant à cœur que l’Université demeure «un lieu d’expression libre». Espérons que l’on parviendra à se garder de la liberté de faire ou de dire n’importe quoi ! Ah oui, j’allais oublier ! Au cours de la période de question qui a suivi la conférence raëlienne, quelqu’un s’est enquis du niveau de débat interne toléré au sein de la secte. De toute évidence, Dominic Lebœuf a éprouvé de vives difficultés à comprendre de quoi il pouvait être question. Mais après un effort pédagogique soutenu de la part de l’assistance, il a entrevu ce à quoi il était fait référence. Il a alors affirmé : «on peut débattre entre nous de savoir si on va faire la conférence dans cette salle-ci ou dans une autre.» Essayons de tirer profit de cette ouverture pour convaincre les Raëliens que leurs conférences ne sont les bienvenues ni dans cette salle-ci ni dans aucune autre de l’UdeM… |
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