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Jonathan Harvey
Navigation à vue Propos recueillis par Alexandre BENOIT et Mikaëlle MONFORT 26.03.03 Le 16 mars dernier était élu le nouveau Bureau exécutif de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) et son nouveau secrétaire général, Jonathan Harvey. Il a confié sa vision pour l’année 2003-2004 au Quartier Libre.Quartier Libre : À l’aube d’un autre mandat dans de nouvelles fonctions, comment entendez-vous mener à bien les activités de la FAÉCUM ? Jonathan Harvey : C’est un grand défi dans lequel je me suis lancé. Ce sera une année qui verra changer les façons de faire à la FAÉCUM. QL : Ce sera une année de revendication ou une année de consolidation ? J.H. : Si vous m’offriez le choix, je vous dirais que ce sera une année de consolidation. On sent un ralentissement au sein des troupes militantes de l’Université de Montréal. Ce sera à la Fédération d’assumer un rôle de leader et d’essayer de revitaliser le mouvement étudiant. Cela ne veut pas dire que nous ferons du surplace avec les enjeux. Plusieurs attireront notre attention, il faudra être présent notamment lorsque viendra le temps de revoir, entre autres, le mode financement des universités. En ce sens, des enjeux feront place à une revendication d’ordre national, mais le gros du travail à faire sera à l’interne. Nous verrons, surtout en début d’année, à rétablir des liens plus sains avec nos associations affiliées. QL: S’il y avait trois priorités à retenir pour votre prochain mandat,quelles seraient-elles? J.H. : La première sera de réorganiser le travail au sein du Bureau exécutif et avec les employés de la Fédération. La deuxième consistera à trouver une voie afin de revitaliser le mouvement étudiant. Ce n’est pas moi qui le ferai personnellement: je compte aider le coordonnateur à la vie étudiante, Mathieu Langelier, dans ces tâches. Déjà, on pense, à cette fin, à tenir un sondage pour cibler les interventions les plus importantes pour les associations membres. La troisième, celle sur laquelle je compte le plus, sera de savoir quelle offre de services les étudiants désirent avoir de notre part. QL : Du mandat qui se termine, on peut retenir la montée des forces de gauche sur le campus, regroupées entre autres sous la bannière de la Coalition interdépartementale des étudiants libres (CIEL). Y a-t-il des leçons que vous comptez en tirer pour la prochaine année ? J H. : Je veux bien que l’on parle d’une montée des forces de gauche. Mais il faut bien comprendre que ces groupes n’offrent qu’une critique, et non pas une solution de rechange. La critique des groupes, comme le Regroupement des étudiants de sociologie, on la ressent également ailleurs, mais elle s’exprime différemment. La plupart des associations qui ont émis des critiques lors du Congrès annuel ont pris la voie de la critique constructive. Quant aux associations regroupées aux sein de la CIEL [ndlr: nouvelle OGÉ-UdeM], celles-ci ont pris davantage la voie de la dissidence. La plus grande leçon que nous tirons vient de nos associations membres. Lors du Congrès annuel, on leur a donné l’occasion de s’exprimer. QL : Un slogan qui a été répété maintes et maintes fois pour la prochaine année est celle d’un retour à la base. Comment entendez-vous le mettre en pratique ? J.H. : Ça veut dire se concentrer sur l’interne. Une structure fédérative, c’est une grosse machine qui nécessite beaucoup d’entretien. Trop sûre de ses succès passés, le lien entre les militants et l’exécutif s’est dégradé. Bien que, depuis 1976, la Fédération ait cumulé un certain nombre de victoires, les raisons pour lesquelles les étudiants militent ont changé. Notre tâche consistera à l’adapter aux goûts du jour. QL : Y avait-il une volonté de la part des membres du Bureau exécutif d’avoir à sa tête l’actuel coordonnateur aux services, c’est-à-dire celui qui connaît le mieux ses dossiers pour pouvoir en parler lors de la prochaine année ? J.H. : Il n’y a pas d’orientation en ce sens. L’offre de services, c’est la justification première pour laquelle des étudiants payent un cotisation. Nous ne sommes pas les seuls à y penser: l’OGÉ-UdeM pense également dispenser des services. Les associations étudiantes nous donnent différents sons de cloche. C’est en ce sens qu’une concentration doit être mise en branle pour que nous ne développions pas des services tout azimut sans justifications. QL : Il n’y avait qu’un seul candidat à tous les postes du Bureau Exécutif, à l’exception de celui de coordonnateur à la vie étudiante. Pouvez-vous y apporter une explication ? J.H. : C’est symptomatique du ralentissement du militantisme sur le campus. Bien entendu, il faudra remédier à cela. Mon souhait serait que tous les postes soient contestés lors de la prochaine élections. Si on peut revenir à un climat comme celui qui prévalait lors des élections de 1994 [ndlr : il y avait quatre candidatures pour le poste de Secrétaire général], je considérerais avoir accompli les tâches que je me suis fixées. QL : Dans le même ordre d’idée, aucune candidature féminine, à quelque poste que ce soit. Y a-t-il une explication ? J.H. : Je suis toujours ouvert à collaborer avec les femmes. Il faut effectivement se poser la question, à savoir quelles tâches ne les intéressent pas au Bureau Exécutif. QL : Si je vous comprends, c’est donc une question conjoncturelle ? J.H. : Tout à fait. Le Bureau Exécutif d’il y a deux ans comptait deux femmes élues. D’autre part, le sondage sera révélateur quant aux causes qui expliquent cette absence. QL : L’un des dossiers névralgiques entourant l’offre de services, c’est l’offre de logements étudiants sur le campus. Les listes de rappel sont très élevées, plus de 800 étudiants en attendent un. Comment entendez-vous le mener à bien, en ce qui concerne sa gestion ? J.H. : Nous explorons certaines pistes, bien que peu d’espaces locatifs sur le campus soient encore disponibles. Ça ne risque pas d’être un dossier facile. Il ne faut pas s’attendre à avoir des résidences toutes prêtes à accueillir des étudiants l’année prochaine. Ce sera à mon successeur aux finances et services, François Séguin, d’y voir. QL : Lors du dernier congrès, la possibilité d’une consultation référendaire sur un retrait ou non de l’entente d’exclusivité avec la compagnie Pepsi a été évoquée; cette consultation est prévue pour quand ? J.H. : Aucune période référendaire n’est prévue pour l’instant. Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il est fort probable qu’il y en ait une l’an prochain, vu que la dernière remonte à quatre ans. La date sera à confirmer lors du premier conseil central à la fin août. QL : On prévoit l’utilisation d’une banque de données sur le profil socio-économique des étudiants du campus de l’Université. Quel usage compte-on en faire ? J.H. : La banque de données servira à appuyer nos revendications. On parle d’une banque de données agglomérée. Elle vise à déterminer, par exemple, quelle proportion d’étudiants paient un loyer et quelle somme d’argent ils défrayent à cette fin. Les recherches sont souvent lancées en milieu d’année et les résultats finaux sont divulgués à la fin de l’année. Conséquences: une bonne partie du travail de nos recherchistes se trouve tablettée, pour une simple question d’échéancier. Cela dit, il n’est absolument pas question pour la Fédération d’utiliser ces chiffres-là pour toute promotion de partenariat. Ce sont des données qui seront réservées à l’usage interne seulement. QL : Bon nombre d’anciens membres du Bureau exécutif occupent des fonctions au sein de groupes de pression d’envergure nationale pour la promotion des droits des jeunes et des étudiants[ndlr: Alexandre Bourdeau, candidat péquiste dans la circonscription de Berthier]. Sont-ce des plans de carrière qui vous intéressent ? J.H. : Mon plan de carrière n’a pas changé. Je compte terminer mes études en criminologie. Si je me présente pour une deuxième année, c’est que je n’ai pas encore satisfait ma soif d’implication. Je n’ai pas réalisé encore tout ce que je voulais réaliser. Si je donne un second mandat à la Fédération, c’est que je ressens le besoin de m’impliquer. Pour le moment, je n’ai pas l’intention d’entrer en politique. |
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