«NOUS SOMMES PRÊTS !»
La rédaction

«Les frais de scolarité seront gelés pour la durée du mandat» a déclaré lundi dernier le ministre de l’éducation, Pierre Reid quelques minutes seulement après que les représentants de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) eurent réclamé pour l’automne une loi sur l’accessibilité aux études. Nous voilà rassurés!

Pourquoi soupçonnerions-nous que le gouvernement de Monsieur Charest n’a pas l’intention de respecter strictement ses engagements de campagne vis à vis de la jeunesse? Pourquoi irions-nous penser que sa priorité n’est pas de garantir la gratuité au collégial et le gel des frais de scolarité à l’Université? Pourquoi le soupçonnerions-nous de renoncer à réinvestir 115 millions $ récurrents dans les cégeps et 240 millions $ dans les Universités pour plutôt demander aux étudiants de payer la note?

Serait-ce parce que le gouvernement tarde tant à déposer son projet de loi?

Serait-ce parce qu’on voit venir la Commission parlementaire sur le financement des Universités prévue seulement pour le printemps prochain (ou quand les étudiants seront à nouveau en vacances?) comme l’occasion d’exposer aux Québécois que les frais qu’ils acquittent pour s’éduquer sont les plus bas d’Amérique du nord et qu’il est temps de rattraper nos voisins sur ce point ?

Serait-ce parce que l’on a vu le gouvernement Charest supprimer cet été les subventions accordées aux associations dédiées à la promotion de la culture scientifique au Québec montrant ainsi toute l’importance qu’il accorde à l’éducation des plus jeunes?

Serait-ce parce que l’on a aussi vu le gouvernement supprimer le 30 juin dernier le programme provincial de garantie de prêt pour l’achat d’un micro-ordinateur par les étudiants montrant ainsi toute l’importance qu’il accorde à l’accès de tous aux outils de la formation?

Sans doute est-ce en effet pour toutes ces raisons que nous ne sommes absolument pas rassurés en entendant Monsieur Reid. Les suppressions estivales loin de passer inaperçues ont agi comme des coups de semonce qui nous ont empêchés de nous abandonner à la torpeur saisonnière. Déjà, nous avons pu évaluer les méthodes dissimulées de ce gouvernement et son objectif clair de liquidation de l’État. Aussi, à l’instar de Monsieur Charest au printemps dernier pouvons-nous affirmer nous aussi que «nous sommes prêts !».

Prêts à demander que les engagements pris au printemps dernier soient honorés maintenant et prêts à soutenir les étudiants dans les moyens qu’ils jugeraient éventuel lement adaptés pour obtenir le respect de ces engagements.

Nous sommes prêts parce que nous pensons que seuls des frais de scolarité raisonnables et maîtrisés peuvent garantir un accès équitable à l’éducation. Nous sommes prêts parce que nous pensons que cette équité conditionne l’existence d’une certaine mobilité sociale. Or la mobilité sociale est la garante d’une société vivante et dynamique. Nous sommes prêts parce que nous pensons qu’une population mieux et plus éduquée est plus riche et plus apte à créer des richesses pour la société dans son ensemble.





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