PAS DE CHAUFFEURS À CE NUMÉRO
Covoiturage
Stéphanie DURET

Une étude récemment menée par l’organisme Équiterre, notamment sur le campus de l’Université de Montréal, a révélé qu’une large proportion des étudiants (97 % à l’UdeM) ne connaissent même pas l’existence du service de covoiturage présent sur leur campus. Un service qui, dans le cas de l’UdeM, existe pourtant depuis plus de 12 ans.


En 2002, alors qu’il devait se rendre en région régulièrement, S., étudiant à l’Université de Montréal, a décidé de se tourner vers le covoiturage. Habitués du parcours Montréal-Trois-Rivières, l’étudiant et ses amis se sont rapidement rendus compte que la banque de noms du service de covoiturage de l’UdeM sur ce trajet était plus que limitée, puisque seulement deux noms y revenaient régulièrement.

Un phénomène étonnant, lorsqu’on sait qu’à l’automne 2002, au moins le tiers des étudiants autorisés à s’inscrire au premier cycle provenaient de partout au Québec, et donc souvent de régions plus ou moins éloignées de la métropole et seraient donc des candidats tout désignés pour ce type de transport interurbains. Ce phénomène est doublement étonnant lorsqu’on sait que ce moyen de transport reste l’un des plus abordables pour les étudiants (coût de 30 $ avec Allo-Stop contre 265 $ en voiture pour un aller-retour Montréal-Québec pour deux adultes selon CAA et Équiterre).

Anny Létourneau, coordinatrice des programmes Transport écologique et Efficacité énergétique chez Équiterre, fait valoir que d’après l’étude réalisée par son organisme, une fois renseignés sur l’existence d’un tel service, au moins 53 % des répondants de l’UdeM se sont dits intéressés à l’utiliser à l’avenir.

Taxi blues

Interrogé sur ce qui ressemble à des carences au sein du service, David Henry, le responsable du service de covoiturage de l’UdeM, enfonce encore le clou.«Il y a vraiment eu un déclin du taux d’utilisation du service, note-t-il. De 2000 membres il y a quelques années, nous sommes passés à 700 membres depuis deux ou trois ans, dont 200 chauffeurs sur une population de 50 000 étudiants». Selon M. Henry, la carence du service vient du manque de chauffeurs. Assurant au moins une vingtaine de destinations quelques années auparavant, le service se limite aujourd’hui à la moitié des destinations, faute de chauffeurs.« Nous continuons d’offrir ces trajets », souligne David Henry, mais les chauffeurs se font désirer …

Manque de visibilité

Le facteur voiture pourrait être un facteur expliquant le déclin du nombre de membres du service de covoiturage, avance David Henry. En effet, une étude d’Équiterre a révélé que 38 % des répondants affirmaient posséder une automobile. Mais cette explication n’est probablement pas la seule. L’étude d’Équiterre souligne que parmi toutes les options de transports alternatifs envisagées par les étudiants, le covoiturage arrive en dernier. Ne disposant pas d’un local ni d’un site internet, mais seulement d’une ligne de téléphone et d’un service complémentaire de covoiturage en ligne dépendant d’autres instances universitaires et à l’efficacité discutable, le service de covoiturage connaît des problèmes de visibilité. Problèmes dont David Henry est conscient « Nous avons tenté de faire la promotion du service sur le campus de l’UdeM, notamment par la distribution de dépliants sur les stationnements du campus, mais notre campagne de publicité n’a pas donné de résultats ». Manque de visibilité et stratégie de publicité peu efficace pourraient donc expliquer que le service périclite.

Signal d’alarme

Alors qu’Équiterre mène tambour battant une campagne de sensibilisation auprès des étudiants du campus au sujet des moyens de transports alternatifs, le service de covoiturage semble voir le bout du tunnel. Autant Équiterre que David Henry se disent ouverts à une éventuelle collaboration qui pourrait en fin de compte déboucher sur une meilleure visibilité du service. Des discussions auraient d’ailleurs débuté entre Équiterre et les autorités universitaires sur les questions environnementales.

«Les choses bougent sur le campus, conclut David Henry. Il y a une prise de conscience collective quant au moyens de transports alternatifs. Là, nous ne devons pas rater le train!»


Coordonnées du service de covoiturage:

Tél.: (514) 343-6111 poste 1870 -
Site: www.toutmontreal.com/covoiturageudem/





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