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LA FAÉCUM SOUS UN TOIT NEUF «Ce qu’il y a d’assuré, c’est qu’à l’inauguration des nouveaux pavillons de l’École Polytechnique [Pavillons Lassonde], les entités de cette dernière situées au 3744, rue Jean-Brillant y déménageront. Les locaux libérés abriteront la Direction des ressources humaines, qui laissera vacants les édifices des 2801 et 2815, Édouard-Montpetit», explique Alexandre Chabot, directeur aux affaires gouvernementales du rectorat de l’Université de Montréal. La Fédération en manque d’espace La Fédération, mandatée par ses associations-membres lors du Conseil central tenu le 4 août, veut par ce remue-ménage pallier une pénurie d’espace. Un problème dont elle tente de trouver la solution depuis au moins deux ans. «Nous cherchons, par ces locaux, à abriter sous un même toit les bureaux de la FAÉCUM, une nouvelle salle d’instance, un nouveau comptoir multi-services et un salon étudiant et, surtout, la Maison des cycles supérieurs, que l’on promet depuis longtempr», explique Pierre-Alain Benoit, secrétaire général de la Fédération. Le Fonds d’investissement des cycles supérieurs de l’Université de Montréal, à l’origine de l’idée, a préféré investir l’argent cumulé dans l’octroi de bourses et dans la revue Dire, la publication des étudiants des cycles supérieurs. Une dure et longue négociation C’est une idée qui ne date toutefois pas d’hier. Déjà le 13 septembre 1999, dans son «Plan de reconfiguration physique du campus», le vice-recteur à la planification de l’UdeM, François Duchesneau, voulait regrouper en un seul point tous les services aux étudiants. À l’époque, il était prévu que le Pavillon J.-A.-DeSève y accueillerait tous les services concernant les étudiants, incluant le registraire et les associations étudiantes, celles-ci incluant la FAÉCUM comme l’AGÉÉFEP. Idem lors de l’inauguration de ce pavillon rénové à la rentrée de l’automne 2002. Cependant, une mésentente entre l’administration et la Fédération a mis du sable dans l’engrenage de ce processus de réaffectation de locaux. Une hausse de la cotisation étudiante pour les Services aux étudiants décidée en novembre 2002 par le vice-rectorat au premier cycle sans le consentement de la FAÉCUM a amené cette dernière à ne pas participer à la Grande Campagne de financement de l’Université. Une décision qui a décidé l’Université à retarder ce déménagement. Un nouveau contexte «Ce qui a été convenu pour le deuxième déménagement, c’est un pacte entre l’Université et nous [la Fédération], qui nous amène à contribuer au Fonds de développement de l’Université, en retour de ces locaux vacants de l’avenue Édouard-Montpetit. Seulement, il y a deux questions auxquelles nnus aimerions avoir des réponses. Premièrement: les locaux que l’on nous offre nécessitent-ils des travaux de rénovations, et, si oui, à quels coûts? Deuxièmement, est-ce que la règlementation municipale, qui est pensée pour un quartier à prédominance résidentielle, nous permet d’inclure un salon étudiant offrant des services de restauration?», analyse Pierre-Alain Benoit. Ce à quoi rétorque Alexandre Chabot: «La seule contrainte qui gènerait l’adoption d’un tel projet par la ville est dans le cas où il y aurait dans ledit édifice un débit de boissons.» C’est un geste qui permettrait à l’UdeM de renforcer une position qui la rendait peu enviable dans la catégorie vie de campus (compre-hensive) des classements d’universités comme celui de la revue Macleans. La seule université québécoise y figurant cette année est l’Université Concordia.
Pour Alassane, comme pour de nombreux étudiants étrangers, l’été ne rime pas avec vacances. Sitôt les ordinateurs éteints et les livres refermés, ils sont des dizaines à prendre su-brepticement le chemin des champs afin de cueillir fruits et légumes au noir. Fils et filles de commerçants, de fonctionnaires ou de diplomates , donc essentiellement urbains, ils découvrent à la dure l’univers éreintant des ouvriers agricoles. Originaire de Cotonou, au Bénin, Jonas vient de passer dix jours dans un champ de fraises. Le jeune homme, qui termine un baccalauréat en science politique et en droit, en a vu des vertes et des pas mûres, aux sens strict et figuré. «Il fallait se tenir debout, courbé ou à genoux pendant dix heures à récolter les fraises, raconte-t-il. C’était une véritable galère. Dire que par le passé, je me faisais prier pour tondre la pelouse familiale à Cotonou !» Le choc de sa vie Étudiante à l’Université de Montréal, Charlène a vécu le choc de sa vie dans un champ de haricots. «Une amie m’avait dit que je pouvais facilement me faire 100 $. Il fallait remplir des sacs de 4,5 kilos de haricots payés 20 $ l’unité.» Pour cette Camerounaise de 25 ans au physique de mannequin, la désillusion a été totale. «J’ai passé mon temps à déprimer dans cette ferme coupée du monde, dit-elle. On ne pouvait se désister avant la fin de la récolte. J’ai eu un flash de toutes ces images d’esclavage. À la fin de la journée, j’avais à peine réussi à cueillir un sac de haricots». Accroupie dans un champ de fraises, Myriam, elle, jure qu’on ne l’y reprendra plus. Entre deux jurons québécois, l’étudiante guinéenne ne cesse de regarder sa montre : «Hier, nous étions six étudiants africains, dont deux filles. C’était vraiment difficile. Je me suis réveillée avec des douleurs partout. Je ne reviendrai plus». «Quand on s’habitue, on se rend compte que ce n’est pas si pénible, affirme pour sa part Albert, étudiant en administration. Le travail agricole ne demande pas vraiment des qualités physiques, juste du courage et de la volonté». En effet, il en a fallu du courage à cet ex-fonctionnaire tchadien pour se reconvertir en ouvrier agricole. «Jamais je n’aurais imaginé atterrir un jour dans un champ, se désole-t-il. Mais la vie réserve bien des surprises quand on a le dos au mur». Comme tous les étudiants internationaux inscrits à temps plein, Albert peut prétendre à un emploi sur le campus de son université. «En théorie seulement, objecte-t-il. En pratique, c’est un chemin de croix pour trouver du travail à l’université». À la Fondation de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), on fait ce qu’on peut. L’organisme, dont le mandat est de recueillir des dons par le biais de la sollicitation téléphonique, est le plus gros employeur de cet établissement. Mais le centre d’appels de la fondation, ouvert à l’ensemble des quelque 41 000 étudiants, ne compte qu’une vingtaine de postes à temps partiel. Une goutte d’eau dans la mer. Jouer avec le feu Contrairement à l’embauche réglementée des travailleurs saisonniers mexicains, celle des étudiants africains est forcément libre de toute contrainte. La situation profite aux exploitants agricoles qui règlent leur besoin de main-d’œuvre tout en minimisant les charges sociales. «Les autorités ferment volontairement les yeux, affirme Jonas, car ça fait l’affaire de tout le monde». Les étudiants jouent néanmoins avec le feu en travaillant au noir. «Le permis d’étude peut être révoqué et on peut demander au contrevenant de quitter immédiatement le Canada», prévient Caroline Reid, responsable du Bureau des étudiants internationaux de l’Université de Montréal, qui voit souvent des étudiants africains en difficulté financière. «Mais il n’y a pas de solution miracle pour régler ces problèmes. Les possibilités sont quasi inexistantes, surtout en début de programme puisque l’étudiant a fait la preuve qu’il disposait de ressources suffisantes avant d’être admis». Pour Alassane, Charlène, Albert et ces autres «maraîchers» clandestins, le vent commence peut-être à tourner. Les gouvernements du Canada et du Québec viennent de conclure un accord qui permettra aux étudiants internationaux d’occuper un emploi hors campus. Une autorisation valide aussi bien pendant les sessions régulières que durant les vacances. L’entente exclut cependant les régions de Montréal et de Québec, où se concentrent 90 % des 19 000 étudiants étrangers du Québec. L’objectif avoué est d’accroître la présence des étudiants internationaux dans les régions périphériques. «Encore faut-il qu’il y ait du travail», affirme, un brin dubitatif, Ibrahim Zagré de l’Association des étudiants africains de l’UQÀM. Pour l’étudiant burkinabé, prêt à faire le saut en région, c’est malgré tout un pas dans la bonne direction. |
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