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ART SUR LIVRAISON Depuis mai 2003, la comédienne belge Roxane de Bruyn fait des performances à domicile de la pièce 4.48 Psychose de l’auteure britannique Sarah Kane. Elle a choisi d’interpréter seule cette œuvre qui comprend pourtant au moins deux personnages : une jeune femme suicidaire affectée par la maladie mentale et son médecin. Quand le théâtre frappe à ma porte Selon Roxane de Bruyn, le théâtre à domicile est plus fréquent en Europe. Sa première performance de la pièce s’est d’ailleurs déroulée en Belgique. Dans les mois suivants, les représentations ont eu lieu tantôt à Bruxelles, tantôt à Montréal, sa nouvelle ville d’adoption. Le concept est simple. Un minimum de 10 à 12 personnes est requis. Les hôtes choisissent le lieu de la performance : la chambre à coucher, le salon, la salle de bain, peu importe, la proximité physique de la comédienne créant un sentiment d’intimité. «Chaque spectateur est impliqué dans le processus, explique Roxane. Ils sont spectateurs, victimes et bourreaux. Certains ont même déjà demandé à interpréter le rôle du médecin.» C’est la nécessité qui a amené la comédienne à jouer chez les gens. «J’ai été confrontée aux problèmes de droits d’auteur, confie-t-elle. Je ne peux donc pas me produire en salle.» En effet, le metteur en scène français Claude Régy qui avait monté 4.48 Psychose à Paris en détient les droits exclusifs. Pour Roxane, les performances sont principalement un moyen de se faire connaître et d’établir des contacts. Ces productions lui ont aussi permis d’explorer divers aspects du métier. «J’ai dû être réalisatrice et metteure en scène, mais aussi graphiste et scénographe, car j’ai fait les flyers et j’aménage mes aires de jeu,» indique-t-elle. Toutefois, en ne jouant pas assez souvent et généralement devant un public restreint, les performances lui rapportent peu d’argent. Jusqu’à maintenant, elle en a fait près d’une trentaine. Les conditions de jeu ne sont pas non plus toujours idéales. Les bruits environnants, comme les voitures et les voisins, peuvent déranger. Roxane se sert pourtant de ces interférences à son avantage. Lors d’une représentation, un groupe rock répétait dans un local adjacent. La comédienne a alors utilisé la musique comme trame de fond. «Il faut toujours prendre des risques pour faire vivre le texte, dit-elle. Il ne faut pas se battre contre les imprévus, mais se battre avec eux.» Pourquoi continue-t-elle ses performances à domicile? «Chaque fois, ce sont les rencontres que je fais qui font repartir l’engrenage, indique Roxane de Bruyn. Le projet continue et gonfle grâce aux gens qui me proposent de jouer.» Pat Gueller, le magicien Écartez-vous, tous les Harry Potter de ce monde! Le magicien français Pat Gueller est loin d’être un jeune écolier. Il pratique le métier et en vit depuis maintenant 25 ans. En l’an 2000, il a même été déclaré champion au Canada par le public lors d’un congrès de magie. «J’ai choisi la discipline la plus difficile de la magie: la prestidigitation», affirme le magicien. La prestidigitation, contrairement à l’illusionnisme, est la manipulation d’objets. Pat Gueller fait apparaître entre autres des cartes et des boules. Il a même un numéro de music-hall avec des pipes fumantes. Ce numéro beaucoup plus cher doit toutefois être présenté sur une scène. Il ne se prête donc pas aux performances à domicile. Pourtant, Pat Gueller ne peut négliger la demande dans le secteur privé. Une fête d’adultes ou d’enfants peut lui rapporter entre 180$ et 300$, le prix variant selon le spectacle commandé et sa durée. Le nombre de spectateurs, lui, se situe généralement entre 10 et 30 personnes. Pat Gueller est aussi un inventeur. Il parle fièrement de son «Grimoire magique». «Le Grimoire est un livre géant dont je suis l’inventeur et qui a l’avantage en quelques secondes de se transformer en table, explique-il. À l’intérieur, il y a mon matériel de magicien. Ça me permet d’être libéré, de ne rien avoir sur moi.» Il déplore que la magie au Québec ne soit pas aussi structurée ou valorisée qu’en France et aux États-Unis. «Je crois que quelqu’un comme Alain Choquette devrait aider à changer les choses, insiste-t-il. En France, il y a sept ou huit revues de magiciens. Il y a au moins trois associations. Il y a des réunions tous les mois. Tous les ans, il y a le congrès de l’Association française des artistes prestidigitateurs (AFAP). Au Québec, il n’y ni congrès, ni revues, ni associations qui invitent les magiciens à se perfectionner au contact des autres.» Dans certains cas, les performances à domicile sont une voie de lancement pour l’artiste et, dans d’autres cas, son principal gagne-pain. Toutefois, peu importe la raison, il semble y avoir dans le privé un marché qui peut s’avérer assez lucratif quand un artiste roule sa bosse depuis un certain temps. |
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