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PRISE DE CONTRÔLE ALIMENTAIRE 101 Il faut dire que le concept germe dans l’esprit de plusieurs depuis déjà environ 10 ans, soit depuis le premier repas préparé par une multinationale sur le campus. Et comme, autant au sens propre qu’au figuré, les nombreux plats servis depuis ont laissé un goût amer dans la bouche de plusieurs, il n’en fallait pas plus pour qu’un mouvement se mette en branle. De ce ras-le-bol est donc né le Comité de la reprise des installations alimentaires (CRIA), qui regroupe les différentes associations étudiantes présentes sur le campus. Le pari est gros, mais si la CRIA réussit à gagner sa «liberté alimentaire», ils pourront se vanter d’être les seuls au pays à avoir réussi pareil exploit. Et si jamais ils n’ont pas le contrat, un boycott des plus féroce est déjà à l’agenda. Prendre le contrôle, ça veut tout d’abord dire faciliter les initiatives étudiantes. Beaucoup d’associations étudiantes se plaignent de ne pas pouvoir organiser d’activités de financement sur le campus à cause du monopole de Sodexho, l’entreprise présente dans plusieurs pays ayant le contrat avec l’Université. Pour organiser un repas bénéfice, il faut se prosterner devant le sous-traitant et, trop souvent, s’en retourner avec un refus en guise de réponse. Pour illustrer le principe, j’aime bien prendre comme exemple le repas organisé par l’association étudiante de mon coloc durant lequel ils n’ont eu le droit de servir que des chips, ou des croustilles, comme on se doit de les appeler. Même chose du côté du Collectif de minuit, un groupe d’action alimentaire qui distribue gratuitement, mais dans l’illégalité, de la nourriture végétarienne aux étudiants du campus qui en ont besoin. Selon moi, la moindre des politesses envers quelqu’un qui veut t’empêcher de donner de la nourriture saine est de lui botter gentiment la fesse gauche tout en lui montrant la porte de sortie. Être maître de ce que l’on mange signifie également favoriser la formation. Quoi de mieux pour un étudiant en psychologie qui rêve d’ouvrir un jour son propre bureau que d’acquérir ses premières notions de gestion grâce à une cafétéria. De plus, l’université se vantant d’être pro entreprenariat étudiant, voilà une occasion rêvée pour eux de passer de la parole à l’acte. Les étudiants contrôlant neuf cafés étudiants ainsi que Le Pub, ils ont déjà une certaine expertise en la matière; la gestion des services alimentaires ne seraient donc qu’une suite logique à tout cela. Sous une gouverne étudiante, les profits seraient d’ailleurs gérés par une instance supérieure qui aurait la responsabilité de redistribuer les profits à ses membres. Bien que l’on ne sache pas encore quelle proportion de ceux-ci serait répartie entre chaque secteur d’activité étudiante, mon sens logique me permet de déduire que l’argent reçu en plus par une association entraînerait de nouveaux projets de la part de ces derniers qui, eux, entraîneraient plus d’entreprenariats étudiants qui, eux, entraîneraient plus de revenus et … S’en suivrait donc un effet boule de neige qui serait bien plus bénéfique que de laisser le tout à une firme telle Sodexho qui, selon le site Web de l’organisme Corporate Watch, n’a rien d’exemplaire dans son comportement corporatif. Bref, le message que je lance en parlant du sujet ne pourrait être plus simple. Pourquoi ne pas les imiter? Avoir des concessions alimentaires à l’UdeM qui voudraient faire la promotion de produits équitables ou enrayer le styromousse, tout en proposant des menus plus santé, ça ne peut pas faire de mal à personne. Et ne serait-ce que pour en rajouter, puisque vous avez passé votre secondaire à manger des spaghettis aquatiques et des patates en poudre, force est d’admettre que vous méritez de faire plaisir à vos papilles gustatives une fois rendu à l’université! Ne reste plus qu’à se croiser les doigts pour que les étudiants de Laval gagnent leur combat contre des géants tels Sodexho, Subway et Aramark… Lobbying féroce Aux États-Unis, ce phénomène ne date pas d’hier. Dans le domaine de la radio, le nombre de propriétaires a baissé de 25% entre 1996 et 2001. Il y a huit ans, le principal groupe radiophonique, Westinghouse, possédait 25 stations alors qu’aujourd’hui Clear Channel Communication Inc. en détient 1200. Cette situation est le résultat d’un travail de lobbying féroce à Washington, considéré comme un carrefour mondial de cette pratique. Dans ce sens, les lobbyistes des entreprises des médias ont poussé la Federal Communications Commission (FCC) - organisme qui réglemente le secteur de la communication aux États-Unis, présidé par Michael Powell, fils de Collin Powell- a adopté, le Telecommunications Act en 1996 et une autre série de mesures ouvrant la voie à une concentration accrue des médias, en octobre 2003. Réduction des coûts à tout prix! Les défenseurs de la concentration avancent que la loi du marché est bénéfique et que trop de contraintes légales nuisent à l’épanouissement des grandes entreprises. D’après M. Powell junior, «le fait que les réglementations soient décidées au nom de l’intérêt du public ne les rend pas inoffensives pour autant. Les règles qui contraignent les marchés peuvent en définitive nuire ou différer la satisfaction des intérêts des consommateurs. De nombreuses déréglementations décidées par la commission ont suscité des plaintes au départ. Mais, une fois mises en œuvre, elle se sont souvent traduites par un épanouissement de l’innovation et de la concurrence, dont les consommateurs ont magnifiquement profité». Une Chaîne à la solde du pouvoir? Par contre, pour ceux qui accusent la chaîne Fox News d’être à la solde des républicains, le travail de lobbying n’est pas fortuit. En effet, une enquête réalisée par l’Université du Maryland en octobre dernier a prouvé que 80 % des téléspectateurs de Fox News croyaient au moins une de ces trois contrevérités : 1. On a découvert des armes de destruction massive en Irak; 2. Il existe des preuves d’une alliance entre l’Irak et Al-Qaida; 3. L’opinion publique mondiale soutient l’intervention militaire américaine en Irak. Plus les téléspectateurs interrogés regardaient la principale chaîne d’information continue, plus ils étaient susceptibles de croire ces allégations. Par ailleurs, dans le documentaire troublant, «OutFoxed : Rupert Murdoch’s War on Journalism» (OutFoxed : Rupert Murdoch fait la guerre au journalisme), d’anciens journalistes de Fox News affirment que les journalistes et producteurs de leur chaîne recevaient des instructions quotidiennes données par la direction pour manipuler le public. La concentration ennemie de la qualité de l’information? Pour Marc Laurendeau, la réduction des sources d’information se fait au détriment de la qualité de l’information, mais avec certaines nuances «Une information de qualité, affirme-t-il, dépend de la pluralité des sources. Et si il y a consensus il doit être réel et non pas artificiel (ex. : Cas du financement des écoles juives par le gouvernement Charest). Toutefois, il ne faut pas mettre toutes les entreprises de médias dans le même panier. De grands médias tels que CBS et New York Times, à titre d’exemple, sont des entreprises responsables qui ont fait leur méa culpa après les erreurs qu’ils ont commises. Néanmoins, la vision qui privilégie le marché risque de frapper un mur, et après l’alternance du pouvoir aux USA, lors des prochaines élections, il y aura un retour vers moins de concentration.» Selon le journaliste Marc Laurendeau, le CRTC devait gérer depuis longtemps les pressions des lobbys des entreprises médiatiques. «Cependant, sous la houlette de son nouveau président, Charles Dalfen, qui est plus attentif à l’intérêt public, le CRTC est moins sous l’influence des lobbys, et ce depuis deux décisions courageuses qui ont surpris plusieurs : 1. le refus de l’acquisition de CKAC par Quebecor. 2. suspension du permis de CHOI-FM, radio basée sur l’insulte et la calomnie.» Par ailleurs, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) tire depuis longtemps la sonnette d’alarme contre la concentration exagérée des médias. À cet effet, elle a adressé au Sénat un Mémoire dans lequel elle «réclame que le gouvernement fédéral assume sa responsabilité de protéger le droit du public à une information de qualité en modifiant ses lois pour accroître la diversité dans le secteur des médias. Notre organisation propose notamment d’interdire la propriété croisée dans un même marché, d’ajouter une obligation législative de considérer la diversité des voix dans toute transaction médiatique et de créer un fonds fédéral d’aide au pluralisme de la presse.» |
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