DÉGOMMER MAIS PAS TROP
Entrevue avec Plantu
Propos recueillis par: Linda FATIGBA

En parcourant le journal français Le Monde, il est impossible de ne pas remarquer sa petite souris porte-parole. Depuis plus de 30 ans, sa griffe peut autant rassurer que déstabiliser des hommes politiques français et internationaux. Invité à Montréal par Images Interculturelles, dans le cadre de la Semaine d’actions contre le racisme, Jean Plantureux, alias Plantu a bien voulu nous amener à la découverte de son monde.

Quartier Libre : Jean Plantureux fête ses 54 ans ce 23 mars. Qui est-il?

Plantu : Quelqu’un qui ne s’exprime en gros que par le dessin. Le dessin, c’est un langage tellement naturel chez moi que ça devient presque un défaut. Quand je me regarde dans la glace et que je vois mes traits, je vois très bien ce que ça va donner dans 10 ou dans 20 ans et ça m’énerve. J’ai presque une boule de cristal de ce que va devenir ma caricature.

Q. L. : Pour vous, qu’est-ce que la caricature?

Plantu : C’est une manière de voir tout ce qui est caustique dans un événement. C’est-à-dire que, quand je vois un événement, je vois tout ce qu’on peut faire de rigolo.

Q. L. : Qu’est-ce qui alimente votre inspiration quand vous faites les dessins?

Plantu : Ce sont les rencontres avec les journalistes et la passion de la politique. Je suis amoureux de la politique. Ceux du monde de la politique sont passionnés par la vie de la Cité, la vie de la ville, la vie du pays. Et moi, j’aime bien raconter ça en dessin. Même quand je ne suis pas d’accord avec eux. On est quand même tous animés par la même passion : la politique. Ils racontent des choses aux électeurs, ils racontent des programmes, des promesses. J’analyse et surtout je suis d’abord un citoyen français qui regarde et qui réagit.

Q. L. : Ce métier de caricaturiste, c’est vraiment un métier d’éditorialiste. Quel genre d’information aimez-vous caricaturer?

Plantu : Tous les jours, je fais un dessin dans Le Monde et une fois par semaine dans L’Express. Quand je n’ai pas eu l’occasion de suffisamment traiter un sujet dans Le Monde, je le propose dans L’Express. Il n’y a pas très longtemps, j’ai fait un dessin sur le Darfour qui est un petit peu oublié. J’ai fait un autre dessin sur le Liban, puis un autre sur les centrales nucléaires en Iran.

Q. L. : Depuis 1972, après le début de votre collaboration avec Le Monde, quel bilan faites-vous de votre œuvre?

Plantu : Le langage du dessin est tellement riche. Je ne parle pas de mon travail. Je parle du dessin en général. Il y a tellement de choses qu’on peut raconter dans le dessin, que je suis encore plus passionné par mon travail. Il y a 20 ans, une rédactrice en chef m’avait dit : «Dans trois ou quatre ans, vous ferez encore ce même boulot, faire des dessins comme ça?» Comme je ne sais pas faire autre chose, je me disais, qu’est-ce que ça va être terrible! Par exemple, au Qatar, les dessinateurs d’Al Jazira, c’est vraiment très intéressant de discuter avec eux. Je ne suis pas forcément d’accord avec eux parce qu’ils font des dessins plutôt gentils sur Ben Laden. J’essaie de comprendre pourquoi, dans le monde arabe, ils disent reconnaître les dictateurs, mais ils font des dessins gentils sur eux. Cela m’étonne toujours.

Q. L. : Voulez-vous dire que les caricatures vont varier suivant les contextes?

Plantu : Oui, exactement. Ça m’intéresse de voir ces approches, de voir ce qui fait l’âme d’un pays au travers d’un dessin. Quand vous regardez le dessin du pays du dessinateur, vous comprenez le pays. En Malaisie, il y a un dessinateur qui est une star incroyable dans son pays et il est reconnu dans toutes les couches de la population. Ce qui est rare. En Europe, les dessinateurs sont reconnus par leurs lecteurs. Lui, tout le monde le connaît, du chef d’entreprise à l’ouvrier et l’agriculteur. Quand on regarde ses dessins, on touche l’âme du pays.

Q. L. : Quel parallèle faites-vous entre la façon de faire les caricatures en France et au Québec en général?

Plantu : Ils sont assez cousins de ce qu’on fait. J’ai l’impression qu’il y a moins de stress. C’est peut-être grâce à la vie ici au Québec. C’est moins stressant que Paris. En France, nous avons une habitude de classer la gauche, la droite, etc., avec des étiquettes qui nous plombent un petit peu la vie politique et la vie médiatique aussi. On dirait qu’il y a une liberté de ton ici.

Q. L. : Que pensez-vous de l’évolution de la façon de faire des caricatures? Entre vous et les jeunes générations…

Plantu : Je suis étonné de ne pas voir des jeunes de 25 et 20 ans en train d’essayer de me piquer ma place. Je n’ai pas la réponse. Je ne sais pas pourquoi… Je crois que, de plus en plus, les gens s’interdisent de dire ce qu’ils pensent. À Montréal, nous avons discuté de faire du dessin dans la lutte contre le racisme et là je dirais qu’en France, il y a une sorte de soupe qu’on nous sert régulièrement : «tout le monde est forcément antiraciste…» J’ai fait un dessin que je trouve terrible à faire pour moi. C’est qu’il y a eu en France des défilés de lycéens. Un petit lycéen Blanc a marqué sur sa pancarte «à bas les inégalités» et à côté de lui, il y a un «Black» qui dit «à bas les petits Blancs» parce qu’il y a des dérives violentes maintenant dans les manifs. Ça fait plus de 20 ans que je n’arrête pas de dessiner sur le Front national. Mon boulot, c’est surtout pas de m’empêcher de le faire. Par rapport au dessin des lycéens, j’ai déjà du courrier de gens qui ne comprennent pas, qui commencent à critiquer.

Q. L. : Quel but visez-vous à travers votre travail?

Plantu : Je ne veux pas forcément qu’on adhère à mes dessins, mais le but de mon travail, c’est de générer un débat. Il ne faut surtout pas que je m’en empêche. Il faut bien sûr que je m’empêche de faire des choses dégueulasses. Je reconnais qu’à un moment, il faut que je sache dégommer, mais pas trop. On peut tuer en dessin, donc il faut faire attention. Jean-Marie Messier, l’industriel français, n’avait pas l’habitude de voir dans les médias des dessins le représentant. Il avait joué la carte média où on le voit partout, mais quand on se fait voir partout, on est caricaturé. Quand il a vu les dessins que je faisais sur lui, il a téléphoné au journal en disant : «Mais vous vous rendez compte? Moi j’ai des enfants! S’il voit les dessins que Plantu fait sur moi, de quoi j’ai l’air…»

Q. L. : Quels sont les risques du métier de caricaturiste?

Plantu : En France, il n’y en a pas beaucoup…Il y a un mois, j’étais au tribunal, parce qu’il y avait un gars qui me faisait un procès. J’avais des avocats qui m’ont défendu et j’ai été relaxé. Des fois, il y a des menaces. Je suis allé à Téhéran et en Algérie, à côté de la France, c’est autre chose. En Algérie, il y a Slim qui risque d’être en tôle. En Iran, il y en a un que j’avais vu et qui risquait 76 coups de fouet d’un tribunal islamique. Il y en a un autre qui a fait un peu de prison. Quand je suis allée au Soudan, j’ai rencontré un dessinateur qui me disait : «quand je fais un dessin qui critique tel juge ou tel ministre, je prépare ma valise, parce que je sais que le soir ou le lendemain, les gens de la sécurité de Khartoum viendront m’interroger et vont me garder trois ou quatre jours».

Q. L. : Parlant des politiques encore, l’ancien ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, qui a démissionné depuis quelques mois, prétend à la Magistrature suprême. Si vous aviez à caricaturer cette information, qu’est-ce que vous dessineriez?

Plantu : Sarkozy est facile à faire lui. Je le fais à la règle. Je fais exprès de le faire à la règle. Il est tellement impeccable comme ça. C’est drôle parce que quand je fais un dessin sur lui, il m’énerve et à la fin du dessin sur le papier, il est assez sympathique dans les traits. On dirait qu’il est fait pour les caricatures. J’ai vu une photo de lui dans le journal, même une photo de dos de lui, c’est une caricature.

Q. L. : Vous avez publié une quarantaine d’ouvrages. Le dernier, sorti en 2004, s’intitule Ils pourraient dire merci. De quoi traite cette publication?

Il pourraient dire merci regroupe mes dessins des deux dernières années dont la plupart sont autour de la guerre en Irak. Il y en a beaucoup sur le Proche-Orient. Il y a des dessinateurs que j’ai interrogés au Proche-Orient. Il y a une fille qui a fait des dessins pour critiquer les Israéliens. Elle est du Hamas comme son mari qui a été tué. J’ai fait aussi des dessins sur le rapport entre les Américains et l’Afghanistan et puis la religion américaine et l’islam.

Q. L. : La couverture de votre ouvrage illustre un bombardement américain et la discussion de deux pilotes dont l’un dit : «Ils pourraient dire merci». Pourquoi ce titre?

Plantu : Non seulement les Américains envahissent les pays, mais ils voudraient que les gens soient contents…

Q. L. : Quelle est votre lecture du racisme dans le monde?

Plantu : Le racisme dans les médias, c’est faire en sorte que le tsunamis, il faut en parler évidemment avec tous les morts qu’il y a eu, mais aussi parce que c’est vendeur avec de belles images. Mais le paludisme en Afrique, c’est pas de belles images et ils peuvent se brosser pour attendre des reportages aussi importants que ce qu’on a fait sur le tsunamis. Ce n’est pas un racisme fait par des gens qui disent «je méprise ce qui se passe en Afrique», mais noir sur blanc, c’est ce qui se fait. Moi je préfère la censure à Téhéran, par exemple, parce que dans les médias occidentaux, c’est beaucoup plus subtil, je dirais même beaucoup plus hypocrite. Il y a des choses dont on ne parle pas et le racisme, il est là.

Q. L. : Quelle approche adoptez-vous pour dénoncer le fléau du racisme?

Plantu : J’essaie de trouver des dessins drôles si possible sur un thème quand même assez grave. Il faut se foutre des gens qui sont racistes. Mais moi, je trouve que ça ne suffit pas. Il faut aussi essayer de comprendre pourquoi les gens deviennent racistes…



LE DEVOIR DE VIGILANCE
Femme, littérature et culture
Linda FATIGBA

Écrivaine et interprète culturelle, Marie-Célie Agnant vit au Québec depuis plus d’une trentaine d’années. Interpellée sur les grands débats socioculturels de son temps, elle est de ceux qui portent et rapportent à leur façon la mémoire des peuples. Point de vue d’une amoureuse de la littérature et de l’humanité.

Le 8 mars 2005, la communauté internationale célébrait les femmes. Un mois plus tôt, le Québec commémorait la communauté noire en célébrant le Mois de l’histoire des Noirs. Le 24 mars prochain, les activités relatives à la Semaine d’actions contre le racisme prendront fin. C’est dans ce contexte fécond d’événements et de questionnements que nous avons rencontré Marie-Célie Agnant autour d’une tasse de tisane et dans un cadre très de chez elle. Originaire d’Haïti, Marie-Célie Agnant est arrivée au Québec dans les années 1970. Après des études faites pour l’amour qu’elle a de l’enseignement, elle décide de joindre l’utile à l’agréable. «J’ai enseigné pendant quelques années puis je me suis dirigée vers le travail d’interprète et de traductrice parce que ça me laissait un peu plus de temps pour m’adonner à d’autres choses, entre autres l’écriture. D’une chose à l’autre, aujourd’hui, je suis totalement absorbée par ce métier d’écrivain qui ne consiste pas uniquement à rester isolé dans son coin à écrire, mais je me rends compte qu’il faut vraiment être présent.» Présente, c’est bien ce que souhaite être cette écrivaine engagée qui ne cache pas ses convictions et ses intérêts pour la défense de causes humanistes. Par le biais de sa plume, Marie-Célie Agnant reconnaît qu’elle fait partie de ces écrivains qui arrivent d’ailleurs et qui donnent une autre coloration à la littérature au Québec. Mais de quelle coloration s’agit-il?

Littérature migrante

Pour elle, les écrivains de la migrance sont ce qu’elle appelle des «passoires culturelles». Rappelant que ces littératures migrantes traitent de thèmes différents, elle fait remarquer que ceux-ci mettent un tout autre paysage à la portée des Québécois. Quel parallèle fait-elle entre la littérature québécoise et la littérature migrante? «La littérature québécoise, à mon avis, jusqu’au milieu des années 1960, était très marquée par la survie du Québec, de la langue française, les luttes, la question identitaire Anglais-Français, la question de la religion qui était omniprésente. Depuis l’arrivée des écrivains migrants, il y a d’autres thèmes qui investissent cette littérature avec les revendications des classes laborieuses, des classes d’immigrants. C’est toute la question de l’ailleurs et de l’autre, qui a investi cette littérature.» Selon l’auteur, la littérature migrante au Québec peut être comparée à la littérature beur en France ou la littérature turque en Allemagne.

Lorsqu’on lui demande de quelle façon elle se classe, l’écrivaine répond. «Je me rends compte qu’on ne peut pas échapper aux catégories. Je me rappelle, lorsque j’étais très jeune et que j’ai commencé à lire, que c’était rare que je me posais des questions sur l’origine de l’auteur. Ce n’est pas le lecteur qui va déterminer la catégorie dans laquelle l’écrivain est placé, mais plutôt ceux qui font les critiques, ceux qui nourrissent les institutions littéraires.» Pour Marie-Célie Agnant, l’écriture, c’est avant tout «une question d’espace» pour ne pas dire «une bataille d’espace». Avouant ne pas se préoccuper de la littérature où elle peut être classée, l’écrivaine estime écrire avant tout pour le lecteur. «L’essentiel, c’est d’écrire et de parvenir à cette communication avec l’autre. Pour moi, la littérature, c’est une passerelle. Je suis différente de cet autre, mais il y a quelque chose qui me relie à lui. La littérature permet justement d’établir cette passerelle pour qu’il me rejoigne dans mon humanité. Ce que j’essaie de faire, moi, c’est qu’un livre ouvre sur quelque chose de beaucoup plus universel que ma propre culture ou mon histoire.»

Condition féminine

Si ce qui intéresse l’écrivaine n’est pas de parler de singularité, la condition des femmes, le rapport au passé et à la mémoire font bien partie de ses champs d’exploration. Dans l’un de ses romans, Le livre d’Emma (2001), publié aux Éditions du remue-ménage/ Éditions Mémoire, Marie-Célie Agnant revisite les thèmes du colonialisme, la condition humaine, l’amour maternel à travers l’histoire de cette Emma, une femme avant tout, accusée du meurtre de sa fille et internée dans un hôpital psychiatrique de Montréal. Qu’a-t-elle à dire de la femme? «Lorsque j’ai commencé à écrire ce livre, c’est plutôt la solitude chez les femmes qui me préoccupait, mais principalement chez les femmes noires, dans une société occidentale. Quand j’ai voulu traiter de cette question de solitude, qui ramène au rejet, au passé, je me suis rendu compte qu’il fallait vraiment ancrer tout ça dans une perspective historique.» Pour Marie-Célie Agnant, il s’agit d’utiliser le passé pour jeter un éclairage sur la condition humaine. «Je suis une femme noire, je veux parler de ça, mais en même temps, quand on regarde dans le monde, l’absence de parole véritable du citoyen va au-delà d’une question de couleur de peau. C’est une revendication pour le droit, le droit à la citoyenneté, le droit à la vie.»

Parlant de la place de la femme dans le Québec d’hier et d’aujourd’hui, l’auteur de plusieurs nouvelles et poèmes voit la province comme une société où les femmes ont beaucoup lutté pour se faire une place. «Il semble qu’il y ait eu un problème de transmission qui ne s’est pas faite. Il y a un manque de travail politique, un manque de travail de conscientisation. Il faudra reconstruire une avant-garde. La question du féminisme, c’est tout simplement une question de vigilance et d’être présent, de ne pas baisser la garde.» Comme le souligne l’écrivaine, plus qu’une question de droits des femmes, il s’agit d’un terrain d’entente à trouver entre humains.

Dialogue des cultures

À l’instar des intellectuels de sa tranche, Marie-Célie Agnant ne peut rester insensible aux grandes questions que soulèvent les différences culturelles dans le monde. Quelle lecture fait-elle du racisme dans le monde? «Le racisme est partout et il appartient aux gouvernements de mettre sur pied des structures et des lois pour le combattre; parce que c’est quelque chose qui va à l’encontre de la Charte des droits et libertés. Il y a beaucoup à faire dans les sociétés contemporaines contre ce fléau.» Prenant un air sérieux, Marie-Célie Agnant précise combien il est important pour elle de parvenir à se comprendre parce que chacun a quelque chose à apporter à l’autre. «Il faudrait comprendre que l’arrivée des immigrants dans un pays n’est pas quelque chose qui se fait par charité chrétienne. Mais c’est une question d’offre et de demande. S’il n’y avait pas d’immigrants dans ce pays, les écoles seraient vides, les universités aussi, le commerce ne fonctionnerait pas.» Revenant sur le Mois de l’histoire des Noirs célébré en février dernier au Québec et au Canada, Marie-Célie Agnant avoue ne reconnaître la valeur d’un tel moment que si les activités organisées visent un but de transmission et d’éducation à une cible bien choisie. Ainsi, de l’avis de l’auteure de La dot de Sara et d’Alexis fils d’Haïti, le travail de sensibilisation doit s’adresser principalement «aux profs, dans les écoles, aux gens qui travaillent dans les services publics, les chauffeurs d’autobus, aux gens qui ont vraiment affaire à cette communauté et qui ne connaissent pas son histoire.» En évoquant l’histoire, Marie-Célie Agnant ne peut s’empêcher de se référer à celle de son pays natal, Haïti. Que pense-t-elle de ce pays ayant été la première république noire grâce à son accession à la souveraineté nationale en 1804? «Tout de suite après cette indépendance, Haïti a dû faire face à l’hostilité de toutes les nations du monde. Il a dû faire des emprunts à des banques françaises pour payer à la France 150 millions de francs or afin d’obtenir la reconnaissance de cette indépendance. Ce qui manque à ce pays, c’est de pouvoir respirer après avoir connu un embargo. Ce que Cuba vit depuis 40 ans, c’est ce que les Haïtiens ont vécu.» Ne voulant pas ses propos pessimistes, l’écrivaine assure être restée optimiste, «même si le monde est actuellement plongé dans un chaos à cause de toutes ces politiques d’injustices flagrantes, de déséquilibre et d’illégalités dans lequel nous sommes.» Pour ce faire, Marie-Célie Agnant suggère que tout être humain doit continuer à se battre, quelle que soit sa position dans la société. «L’écriture, pour moi, c’est une arme, un moyen de faire mon devoir de citoyen. Il y a toujours le risque de céder, d’abandonner, de se dire que c’est trop lourd, que c’est trop compliqué. Quand on se rend compte qu’on est fatigué dans une forme de lutte, on essaie autre chose. L’écriture, c’est un moyen d’être vivant», achève-t-elle, songeuse.










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