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ENTRE DEUX EAUX Ce n’est pas la première fois que le système qui prévaut pour l’Université de Montréal est critiqué. En 1997, le processus de nomination qui avait mené Robert Lacroix à la tête de l’Université avait été qualifié de «déficit démocratique» par le syndicat des professeurs. Sept ans plus tard, l’UdeM se démarque toujours de ses consoeurs francophones, puisque les universités Laval et de Sherbrooke procèdent à l’aide d’un imposant collège électoral qui élit un candidat après une véritable campagne électorale, et que l’UQÀM retient quelques candidatures et les laisse faire campagne pour retenir par vote un seul nom. Un consensus? L’histoire de l’Université explique en partie cette spécificité. Depuis 1967 et l’adoption de la troisième charte de l’Université, il est établi, dans l’article 25, que le recteur est nommé par le conseil après consultation de l’assemblée universitaire. La charte ne contient que le principe de base, et c’est à l’aide de statuts que l’on a, peu à peu, précisé et modifié le processus. Au cours des années qui ont suivi, des changements majeurs sont intervenus, parmi lesquels on retiendra l’élargissement du comité consultatif, de 6 à 8, puis à 11 membres, le dévoilement public de la totalité des résultats numériques obtenus par les futurs candidats, l’obligation pour le comité de soumettre à l’assemblée universitaire ses critères de sélection et enfin la tenue du scrutin final après la période de débats. Selon Michel Lespérance, secrétaire général de l’Université, cet ensemble de mesures a rendu le processus plus «transparent» et permis «l’introduction du débat démocratique dans les statuts». Le secrétaire général se dit plutôt satisfait et note au passage «le consensus entre le comité, le conseil et l’assemblée universitaire», consensus établi selon lui par les déclarations récentes de la CASUM (coalition des associations et syndicats de l’université de Montréal)«qui ne remet pas en question le processus» et le fait que personne n’ait à ce jour demandé à ce que soit élargi le mandat du comité de sélection. En sept ans, on serait donc passé d’un «déficit démocratique» à un «consensus», constat que ne partage pas le syndicat des professeurs. Le SGPUM, à l’instar de la FAECUM, rappelle que la plupart des recommandations adressées par le syndicat au comité lors de la course de 1998 n’ont pas été retenues. Jeux de corridors Louis Dumont, président du syndicat, va jusqu’à affirmer qu’«à l’époque on n’avait pas la volonté d’ouvrir le processus» et déplore que l’assemblée universitaire soit «contrôlée par les cadres académiques». Il insiste particulièrement sur le fait que la décision finale reste l’apanage du conseil de l’Université. «La structure décisionnelle devrait être ouverte à toutes les composantes de l’Université. Le choix du recteur ne devrait pas reposer seulement sur le conseil.» Par ailleurs, les représentants du SGPUM comptent bien organiser prochainement une rencontre avec la CASUM, dont l’objectif principal sera d’insister sur la participation des candidats au débat: «il n’est pas acceptable que le choix se porte sur un candidat qui n’accepte pas de rencontrer la communauté, qui ne soit pas capable de montrer du leadership.» En définitive le débat s’articule autour de deux visions opposées, l’une reposant sur un collège électoral et s’apparentant au modèle existant à l’Université Laval, l’autre, de tradition nord-américaine, privilégiant le secret. En 1975, à contre-courant de l’approche électorale de l’époque, l’Université de Montréal privilégiait l’approche du comité restreint. Selon Michel Lespérance, ce choix est avant tout dicté par un souci d’équilibre: «Une campagne électorale laisse toujours des traces, de par les appuis que sont amenés à porter les membres de la communauté.» Argument repris à son compte par Louis Dumont, qui déplore les «jeux de corridors» qu’engendre le système actuel: «Le modèle du collège électoral est certes laborieux, mais c’est une aventure qui n’intervient que tous les 10 ans, et c’est la seule manière d’identifier la bonne personne. On ne devrait pas faire l’économie de la démocratie.» Interrogée sur ce point, la FAECUM a souhaité ne pas prendre position. |
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