CHRONIQUE CD
Jean-François RIOUX


JEAN LELOUP
Exit (+ La mygale jaune)
(La Tribu)

La retraite fut de courte durée pour Jean Leclerc qui revient déjà avec un nouvel album, un dernier dernier adieu ? Exit indique sans doute sa sortie de scène, la sortie de cette belle folie entretenue par ce poète philosophe moderne québécois. Exit est un double album en concert contenant en bonus un DVD de son premier film : La mygale jaune. Habituellement, les concerts de Leloup sont ennuyants, marqués de nombreuses longueurs, d’excès de folie parfois insupportables (parfois bien drôles), de jams interminables et de nombreux temps morts entre les morceaux. Cette fois, le tout est bien interprété, le choix des morceaux est également assez bon. Nous aimons Leloup pour ses textes sont superbes en français autant ils sont exécrables, plate et emmerdant en anglais. Les seuls véritables moments pénibles de l’album interviennent lorsque l’interprète chante en anglais. Insup-portable ! Pour son premier film, Jean «Leloup» Leclerc semble avoir recruté des mineurs aveugles pour caméramen (peut-être sont-ce les mêmes qui œuvrent à Musique Plus?). J’ai eu beaucoup de mal à me taper le périple ennuyeux de la Mygale jaune, sans vomir mon intestin grêle. Les images ne sont jamais fixes, on les croirait tournées à bord d’un frêle esquif surpris par l’ouragan Frances! Ou alors au premier festival de cinéma amateur de votre oncle qui vient fièrement de s’acheter une petite caméra maison. Le but du court métrage (de plus de 70 minutes) est plus ou moins intéressant, mais il est entrecoupé de plans en spectacle (également mal filmés) et s’éternise en tant que «film». Les talents de compositeur de Jean Leloup nous manqueront, ceux de cinéaste laissent présager moins de succès.

LES SANS CULOTTES
Fixation Orale
(Aeronaut records)

Une formation new-yorkaise, plus précisément de Brooklyn, qui s’entête à faire de la musique en français et cela pourrait peut-être finir par leur valoir un peu de succès au Québec ! Les Sans Culottes fusionne une musique pop kitsch des années soixante avec un rock garage des mêmes années. Les influences arrivent de partout autant de Serge Gainsbourg que plus récemment de Stereo Total. La reprise de Poupée de Cire qui a beaucoup tourné sur les ondes de CISM est bien amusante, même si cette reprise a été bien trop souvent tentée. Les ventes de la formation de Brooklyn semble confirmer l’attirance récente des Américains pour la langue française. Fixation Orale est loin d’être un album de l’année, cependant, il pourra vous faire voyager dans le temps d’une manière bien élégante, plus que ne pourrait le faire Caféine (Poxy), mais il demeure moins intéressant que les superbes Stereo Total. Les Sans Culottes doivent être pris avec le sourire.





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