ENJEU LOCAL, ACTIONS CONCRÈTES
Classes militantes
Annabelle Seery

L’environnement fait plus que jamais l’actualité: Protocole de Kyoto, centrale du Suroît, incinérateur de Belledune. Au-delà de ces dossiers mobilisateurs, que pouvons-nous faire pour vivre dans un environnement plus sain? Le comité UniVERTcité veille au grain sur le campus de l’Université.

Malgré la sensibilisation qui est faite un peu partout, les membres d’UniVERTcité sont persuadés que des gestes doivent encore être posés pour préserver l’environnement. Julien Lafrance-Vanasse, Martin Frankland et Gabriel Maltais-Landry témoignent. «Il ne faut pas seulement dire qu’il est bon de recycler, affirme Gabriel. Il faut aussi expliquer aux gens que s’ils mettent un gobelet sale dans le mauvais compartiment, c’est tout le sac qui devient non-recyclable.»

UniVERTcité désire sensibiliser différemment, en s’axant sur les actions concrètes. «Les gens ont beau se plaindre de l’effet de serre, ils continuent à manger dans de la vaisselle jetable à la cafétéria!» s’exclame Gabriel. Et Julien d’ajouter: «Il faut déclencher l’étincelle. Les gens savent que nous devons protéger l’environnement. Avec des moyens faciles et concrets, on leur donne la possibilité d’agir.»

Corvées de nettoyage

Comité à la structure souple, UniVERTcité s’organise autour de projets. Ceux liés à la sensibilisation seront encore nombreux cette année, comme c’est le cas depuis la création du comité en 1996. Outre la semaine de l’environnement qui aura lieu en janvier prochain et au cours de laquelle seront présentés conférences et films, des kiosques ainsi que plusieurs affiches seront disposés un peu partout sur le campus au courant de l’année.

Des actions directes, suite logique à la sensibilisation, sont aussi prévues. Des corvées de nettoyage ponctuelles font encore partie du programme. UniVERTcité offre des subventions et une aide logistique à tout groupe (comme les associations étudiantes) qui voudrait mettre sur pied un projet environnemental.

Langage de fonctionnaire

UniVERTcité fait aussi pression sur l’administration universitaire. Cet automne, un projet vise à convaincre les cafétérias d’ offrir un rabais sur le café aux gens qui apporteront leur tasse. «Les cafés étudiants sont très coopératifs et adhèrent sans problèmes au projet, note Martin. Les cafétérias sont beaucoup plus réticentes. Elles évoquent des questions financières pour justifier leur refus. On utilise alors leur langage de fonctionnaire pour les convaincre, mais c’est difficile. On pense maintenant à des moyens de pression pour les faire bouger.»

Comme pour le projet d’achat de papier recyclé par l’Université et la campagne Recto verso, qui encourage l’utilisation des deux côtés des feuilles lors de l’impression ou de la photocopie, le processus décisionnel est lent. On déplore «la lourdeur de la bureaucratie qui rend les améliorations difficiles à obtenir.»

Lentement, mais sûrement

Les trois membres rencontrés s’accordent pour dire que le plus grand défi est de changer les mentalités, étape nécessaire à l’atteinte d’un environnement plus sain. Ils reconnaissent que «les changements de société prennent du temps» et que c’est parfois décourageant. Pour autant, agir représente pour eux une responsabilité: «l’environnement est mal géré. Nous devons donc trouver de meilleures solutions et, surtout, les mettre en place.»

Julien précise qu’«il ne faut pas seulement être respectueux de l’environnement chez soi. Il faut tenter de convaincre les autres de l’être aussi». «Et l’Université représente un milieu plutôt ouvert où l’on peut mettre sur pied de nouveaux projets», ajoute Gabriel. «Nous souhaitons vivre dans un environnement plus sain, soutient Martin. C’est beau de ne pas vouloir brusquer les gens, mais parfois c’est nécessaire si nous voulons que les choses changent.»








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