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LES LOCATAIRES DANS LA RUE Et comme une inspiration, aussi soudaine soit-elle, n’arrive jamais sans préméditation, voilà donc que le front d’action populaire en réaménagement urbain, alias le FRAPRU, ainsi que le Regroupement des comités logement et associations des locataires du Québec (RCLALQ), organisaient récemment au cœur de la ville de Québec un campement des mal-logés. L’exercice, qui se tenait les 29 et 30 octobre au Parc de l’Amérique française, visait à démontrer au gouvernement que les locataires n’ont pas l’intention de se laisser imposer un système dans lequel l’appauvrissement ne peut que s’accroître. De ce fait, rien de mieux pour rappeler quelques promesses électorales à son grand élu que de faire converger tout son monde vers un parc près du parlement pour une marche, des débats et même un spectacle le vendredi soir. C’est que les gens qui sont touchés par la crise de logement en ont présentement gros sur le cœur face au gouvernement Charest. Un petit coup d’œil au programme électoral de ce dernier nous apprend qu’il renferme une promesse d’inclure le droit au logement dans la charte des droits et libertés. Advenant le cas où l’envie de lecture vous saisisse de nouveau, un bref aperçu au document Briller parmi les meilleurs vous renseignera sur les intentions du Parti libéral qui disait qu’il était primordial de construire plus de logements sociaux… Mais, sans plus tergiverser, revenons à la situation de la Vieille Capitale pour un moment. Selon une des responsables du rassemblement avec qui j’ai discuté, la crise du logement est de plus en plus sévère à Québec. L’an dernier seulement, ce sont plus de 600 appels de demande d’aide en la matière qui ont été placés à la Croix-Rouge, et une centaine de ménages qui ont eu de sérieuses difficultés à se loger. Dans les faits, Québec est la région métropolitaine qui subit la plus sévère pénurie de logements locatifs de tout le Canada, le taux d’inoccupation des logements étant aussi bas que 0,5%, selon le FRAPRU. On constate même un appauvrissement relativement important des locataires de la région, le salaire médian en dollars constants ayant diminué de 21,9% entre 1981 et 2001. Une autre problématique soulevée par les organisateurs de la marche et confirmée par mon analyse rapide, quoique non scientifique, des petites annonces de la région, est que les vacances au niveau des logements sont majoritairement situées dans les endroits plus riches de la ville. Se dénicher un appartement ou un condo à Cap-Rouge ou à Sainte-Foy pour ensuite aller faire son jogging matinal sur le bord du fleuve, tout en reluquant les différentes pelouses des voisins n’entraîne généralement pas trop de contraintes. La tâche se complique cependant passablement lorsque vient le temps de louer un refuge familial dans Saint-Roch. Si l’on tient mordicus à ce que notre domicile soit d’une salubrité sans faille, aussi bien allumer quelques lampions avant de s’y rendre, question que la chance tourne en notre faveur. Voilà donc quelques arguments justifiant deux jours de campement près du parlement et une petite marche de santé se terminant chez Monsieur Charest lui-même. Pendant ce temps, je ne peux qu’admettre que la crise du logement est loin d’être entièrement montréalaise, même si le partiellement inculte que j’étais croyait le contraire jusqu’à tout récemment. Mais, rassurez-vous, même si Québec s’approprie une partie de la crise, elle a quand même la décence de concéder les bingos de Mado et la poutine infecte comme élément affirmant la souveraineté de la métropole. Sur ce, un joyeux premier juillet avec un minime et non subtiles huit mois d’avance. |
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