Adieu capitalistes?
| par Ximena SAMPSON | 14.10.99

Auteur, activiste de la gauche américaine et cofondateur avec Noam Chomsky du magazine Z mag, Michael Albert était de passage à Montréal récemment. Il propose rien de moins qu’une solution de rechange à l’actuel système capitaliste: l’économie de participation.

Michael Albert s’est tout d’abord penché sur les conséquences du capitalisme. On compte aux États-Unis 20 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, dont trois millions de sans-abri. Ne pas injecter d’argent dans les programmes sociaux, c’est un choix politique de nos gouvernements, a ajouté M. Albert: «Il y a dans le monde des milliers d’enfants qui meurent de faim et de maladies... J’appelle ça du meurtre.» De plus, le système capitaliste s’appuie sur la propriété privée, les lois du marché et la hiérarchisation du travail. Une minorité détient le pouvoir et une partie énorme des richesses, alors que la grande majorité est démunie. «Le capitalisme, c’est le vol, la cupidité et l ’ e x c l u s i o n » , a-t-il lancé devant une centaine de personnes venues l’écouter à l’université McGill.

D’autre part, Albert note que l’assurance- chômage est décriée comme une dépense qui gobe une part énorme du budget, alors qu’en réalité il s’agit d’un montant minuscule, si on le compare aux sommes allouées à la défense militaire... Et selon le conférencier, s’il est tellement important pour les capitalistes de couper dans l’assurance-chômage, c’est plutôt parce qu’elle affecte leur pouvoir de négociation. Un taux de chômage élevé fait peur aux travailleurs et les oblige à accepter de mauvais salaires ou de piètres conditions de travail, dit-il. «La différence entre le système capitaliste et l’économie de participation est que, dans la première, on investit dans des dépenses militaires, comme l’achat de missiles qui ne serviront jamais, alors que dans la seconde, on investit cet argent-là dans l’éducation par exemple.»

Il propose en conséquence un système qui, bien qu’il en partage quelques principes, n’est pas exactement du socialisme. L’économie de participation est un système dans lequel la propriété des moyens de production serait collective et le partage des tâches contribuerait à ce que tous effectuent à un certain moment du travail intellectuel, et d’autres du travail manuel. Il y aurait en outre des conseils de travail, pour que tous les travailleurs puissent prendre part aux décisions. La rémunération ne se baserait plus sur le pouvoir ou la propriété – comme dans le capitalisme, mais sur l’effort et le sacrifice fournis par chaque travailleur... Bref, des projets qui vont à contre-courant, mais pas pour autant dénués de sens.

Pour en savoir plus sur Michael Albert et Z mag : www.zmag.Conférence de Michael Albert

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